
Comment mieux comprendre les besoins de ses clients ?
Comprendre les besoins de ses clients est un excellent moyen de concevoir son offre. Découvrez les étapes à suivre dans cet article.
Mise à jour le 14 septembre 2026
La France comptait 2 411 sociétés à mission actives fin 2025 (c'est-à-dire toujours immatriculées sous cette qualité, hors celles qui ont fermé ou l'ont volontairement retirée), un chiffre qui progresse d'environ 500 nouvelles adoptions par an depuis quatre ans [1]. Les entreprises nativement à mission représentent 36 % de l'ensemble, signe que la démarche se joue de plus en plus dès le lancement. D'où une question concrète au moment de rédiger vos statuts : inscrire vos engagements dès la création, quitte à figer votre projet, ou attendre que votre activité trouve son rythme ?
Les deux formulations “Entreprise à mission” et “société à mission” désignent la même réalité : le premier est l’usage courant du nom juridique exact. Ils désignent une société qui inscrit dans ses statuts une raison d'être ainsi que des objectifs sociaux et/ou environnementaux qu'elle s'engage à poursuivre au même titre que son activité économique. On retrouve la définition sur le site Service public entreprendre.
Dans vos statuts et vos démarches auprès du greffe, mieux vaut employer "société à mission", seule expression reconnue par le Code de commerce.
Il ne s'agit pas d'une forme juridique concurrente de la SARL ou de la SAS, mais une qualité que toute société commerciale peut revendiquer dès lors que ses statuts respectent les conditions fixées par l'article L210-10 du Code de commerce, issu de la loi PACTE de 2019 :
Si cette exécution n'est pas respectée, un tiers intéressé peut saisir le tribunal de commerce pour demander le retrait de la qualité, la loi ne prévoyant pas d'autres sanctions, telles que des amendes par exemple.
Cette qualité est donc accessible quels que soient la forme juridique, la taille ou le secteur. La mission peut porter sur un enjeu très concret et local : l’insertion professionnelle dans son bassin d'emploi ou la réduction des déchets, par exemple.
Ces trois notions reposent sur des degrés de formalisation différents et ne se hiérarchisent pas de la même façon :
| Dispositif | Base légale | Ce qu'il engage | Vérification externe |
|---|---|---|---|
| Raison d'être | Article 1835 du Code civil | Une vocation formulée dans les statuts, sans objectifs chiffrés obligatoires | Aucune |
| Société à mission | Article L210-10 du Code de commerce (loi PACTE) | Raison d'être + objectifs sociaux/environnementaux précis + suivi structuré | Organisme tiers indépendant : 1ʳᵉ vérification sous 18 mois (24 mois si moins de 50 salariés), puis tous les 2 ans (tous les 3 ans possible en dessous de 50 salariés) |
| Agrément ESUS | Loi ESS de 2014, critères fixés par décret | Utilité sociale prépondérante de l'activité, gouvernance participative, lucrativité encadrée | Contrôle administratif à l'agrément et au renouvellement |
Oui : ce statut est un cadre parmi d'autres. De nombreuses TPE conduisent des démarches RSE solides sans jamais toucher à leurs statuts. Pour une présentation officielle complète du statut, la fiche dédiée de service-public.gouv.fr fait référence.
Parmi les entreprises créées en 2018, 31 % avaient disparu en 2023, contre 5 % de celles devenues sociétés à mission (1). L'Observatoire des Sociétés à Mission y voit l'effet d'une gouvernance renforcée, sans toutefois établir de lien de cause à effet : les sociétés qui adoptent ce statut diffèrent aussi par leur secteur, leur taille et leur maturité au moment de l'adoption, autant de facteurs qui influent eux-mêmes sur la survie d'une entreprise. Ce taux de 5 % ne prouve donc pas, à lui seul, que le statut protège de la fermeture.
Plusieurs bénéfices se recoupent :
Côté fiscal, aucun avantage direct : les incitations pour investisseurs (Madelin/IR-PME) sont liées à l'agrément ESUS, pas à la société à mission. Côté bancaire, une gouvernance structurée peut rendre le dossier plus lisible pour l'analyse de risque, toutefois elle ne peut garantir de condition financière.
En contrepartie, le statut peut avoir quelques inconvénients :
Sur ce point, la loi ne fixe aucune obligation de calendrier. Une société peut revendiquer la qualité dès son immatriculation, ou l'acquérir plus tard via une inscription modificative au greffe.
À noter que pour une société existante, l’organe compétent de l'entreprise doit être convoqué, ce qui rend la procédure plus lourde qu'une inscription dès la création.
Inscrire un engagement dans les statuts ne garantit pas, à lui seul, qu'il sera tenu. Ce qui change, c'est son statut juridique : une charte interne peut être modifiée librement, alors qu'un engagement statutaire suit un parcours précis pour être révisé. Cela lui donne du poids aux yeux d'un partenaire B2B ou dans la manière de communiquer sur ses engagements RSE.
Deux situations appellent plutôt la patience :
À l'inverse, d'autres profils d'investisseurs, notamment ceux orientés impact, valorisent au contraire une mission déjà posée dès le départ. Il est donc important de connaître le profil de vos potentiels investisseurs avant d’entamer vos démarches d’inscription statutaire.
Deux repères suffisent à trancher :
Une fois la décision prise, trois éléments doivent figurer dans les statuts :
À ces trois mentions s'ajoute une obligation distincte, non statutaire mais tout aussi contraignante : la vérification périodique de l'exécution des objectifs par un organisme tiers indépendant (OTI), prévue par l'article L210-10 du Code de commerce.
| Mention statutaire | Contenu | Ce que ça implique concrètement |
|---|---|---|
| Raison d'être | Vocation de l'entreprise, formulée en une phrase | Doit orienter les décisions de gestion, au-delà du seul objectif économique |
| Objectifs sociaux et/ou environnementaux | Un ou plusieurs engagements précis et mesurables | Doivent pouvoir être suivis dans le temps, pas rester une déclaration d'intention |
| Modalités de suivi | Comité de mission (dès 50 salariés) ou référent de mission (en dessous) | Rapport annuel présenté en assemblée générale, joint au rapport de gestion |
Pour les structures de moins de 50 salariés, l'article L210-12 du Code de commerce prévoit un allégement : un simple référent de mission, salarié ou personne externe (mais jamais le dirigeant lui-même), peut remplacer le comité de mission.
Contrairement à une idée reçue, ce mouvement ne se limite pas aux grands groupes. Alenvi, société d'aide à domicile de taille PME, a cumulé l'agrément ESUS et la qualité de société à mission autour d'une raison d'être concrète : valoriser les professionnels de l'accompagnement à domicile.
Côté grands groupes, le Groupe La Poste a ouvert la voie en juin 2021 : elle a été la première entreprise publique française à adopter cette qualité. La Banque Postale a suivi une trajectoire similaire, entérinée en février 2022.
La Poste est une entreprise à mission depuis 2021 | La Poste Groupe
Formaliser un engagement n'est qu'une étape : reste à le communiquer dans la durée. C'est là qu'interviennent les solutions de média relationnel du Groupe La Poste, pensées pour accompagner les TPE dans la diffusion de leurs campagnes et la valorisation de leur démarche RSE, avec un souci constant de limiter les impacts sur l'environnement notamment au travers de campagnes ciblées limitant le gaspillage des ressources.
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