Le domicile, nativement lieu de repos et de loisirs, est aussi désormais un lieu de travail. Dans le même temps, la vie urbaine vit ce même phénomène d’hybridation fonctionnelle où se regroupent de plus en plus dans un même quartier, voire un même immeuble, activités professionnelles et de loisirs.

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Comment cela impacte-t-il alors le choix de notre lieu de résidence mais aussi notre façon de vivre au sein du foyer ? Notre rapport au domicile est en train d’évoluer, les activités que l’on y exerce étant de plus en plus protéiformes : un phénomène qui s’est accéléré en grande partie du fait de la pandémie liée au Covid-19.

Rencontre avec Yankel Fijalkow, sociologue et urbaniste, Professeur à l'École nationale supérieure d'architecture Paris Val-de-Seine, codirecteur du Centre de Recherche sur l’Habitat et de la chaire Le logement demain.

Bonjour Yankel,

Comment la crise sanitaire a-t-elle fait évoluer la vie urbaine ?

Y.F : L’espace public possède nativement un rôle de sociabilisation : c’est sur les places publiques ou aux terrasses de café par exemple que l’on a plaisir à se retrouver en famille ou entre amis, et dans les rues et les boutiques que l’on prend le temps de discuter avec les commerçants ou ses voisins. La crise sanitaire est venue bousculer cette fonction sociale, poussant chacun à se distancier et à passer peut-être aussi moins de temps dehors : les courses en magasin sont faites plus rapidement et le canal e-commerce prend de l’ampleur, tant sur les ventes que sur la recherche d’informations.
Cette crise a aussi modifié notre rythme journalier : fini la routine métro-boulot-dodo à heures fixes, le télétravail s’est généralisé. Les temps de pause peuvent donc se faire de façon plus aléatoire, en fonction de ses besoins et envies personnels plutôt que selon un rythme d’entreprise imposé.

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    Pour nombre d’entre nous, c’est l'opportunité de faire de la place pour un projet personnel : intégrer une séance de sport dans la journée, s’accorder un temps de recherche pour organiser un futur voyage… Les marques peuvent donc jouer un véritable rôle de conseil en apportant des contenus contextualisés à valeur ajoutée.

Tout le monde a-t-il vraiment ce nouveau choix de la modularité du quotidien à domicile ?

Y.F : Il ne faut effectivement pas faire de grandes généralités puisque même si le télétravail concerne aujourd’hui une grande part de la population, nombre de métiers nécessitent encore impérativement du présentiel.
Nous assistons donc à la naissance d’une nouvelle forme de ségrégation sociale, qui sépare d’un côté ceux qui ont la liberté de s’organiser (choix des horaires, du lieu de travail) de ceux pour qui les conditions professionnelles sont inflexibles. Ainsi certains font le choix de rester vivre en ville tandis que d’autres s’exilent en province tout ou partie de la semaine.

Ne va-t-on pas vers une nouvelle mixité fonctionnelle des lieux ?

Y.F : En effet, cette imbrication entre vie personnelle et professionnelle fait émerger de nouvelles réflexions, notamment sur la réversibilité des lieux, où comment par exemple changer des bureaux en immeubles d’habitation. C’est ce qui se passe notamment à Londres aujourd’hui, dans le quartier d’affaires de la City, où est prévue la création de 1 500 logements d’ici 2030. Ce sont aussi des projets de lieux de vie hybrides qui sont en réflexion où au sein d’un même immeuble, pourraient être regroupés logements, commerces, bureaux et destinations loisirs.

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    Pour les marques c’est donc une nouvelle proximité aux consommateurs qui se profile, au travers de centres commerciaux hybrides, qui mixent fonctions de commerce, mais aussi de service et de loisirs.

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Et si l’on entre dans le logement : de nouveaux besoins d’espace et de flexibilité ?

Y.F : Tout à fait, dans la mesure où les activités à domicile sont plus que jamais variées, les pièces doivent pouvoir, elles aussi, être modulables, notamment en fonction des moments de la journée ou de la semaine (bureau rabattable…). Ensuite, du fait d’une cohabitation plus fréquente à la maison (en couple, avec les enfants), est apparu un plus grand besoin de s’espacer, même chez soi, et de pouvoir s’isoler pour une réunion ou pour avoir un moment de calme. Ainsi, les préoccupations autour de l’aménagement du balcon ou du jardin, ou encore de la végétalisation de son intérieur n’ont jamais été aussi importantes ces derniers mois, preuve en est, le prix Pritzker 2021 qu’ont reçu les deux architectes français Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal pour leur vision d’un logement ouvert sur l’extérieur, doté de grandes baies vitrées ou d’un balcon-jardin d’hiver.

  • L'œil Marketing : Ces thématiques sont à prendre en compte dans la création de contenus éditoriaux par les marques.

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