Le Groupe

50,12 % de participation pour environ 47 millions d’inscrits… En 2019, les élections européennes ont encore peiné à rassembler les citoyens même si ce taux de participation est en augmentation par rapport à 2014. Les difficultés liées à l’inscription sont l’une des principales raisons qui expliquent cette abstention croissante. À l’approche des prochaines échéances municipales, quelles sont les pistes envisagées pour la bonne marche de notre démocratie ?

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Chaque année, environ 3 millions de Français déménagent. Mais seul un cinquième d’entre eux pensent à se réinscrire sur les listes électorales de leur nouveau domicile. On estime ainsi à 7 millions le nombre de ces « mal inscrits » qui doivent braver la route ou établir une procuration pour exercer leur devoir de citoyen. Si l’on y ajoute les 4 millions de non-inscrits, cela fait près d’un quart du corps électoral pour qui l’accès aux urnes est compromis.

Devenue de plus en plus mobile, la société a du mal à s’adapter à une procédure d’inscription jugée par beaucoup trop contraignante. Au-delà de la constitution du dossier, il est en effet souvent impératif de se déplacer en mairie pour réaliser ces formalités administratives mais aussi d’anticiper des délais d’inscription qui précédent de plusieurs mois les élections.

inscription sur les listes électorales

La Poste : le facilitateur idéal ?

Pour réfléchir à une solution à ce problème d’importance et pour un fonctionnement plus efficient de notre démocratie, la chaire Citoyenneté de Sciences Po Saint-Germain-en-Laye a réalisé une étude, basée sur une expérimentation.

Le principe : s’appuyer sur le fichier « nouveaux voisins » de La Poste pour identifier les éventuels mal inscrits, puis confier aux facteurs le soin de leur distribuer en mains propres toute la documentation nécessaire pour s’inscrire sur les listes électorales. Pour retourner le courrier, nul besoin de se déplacer : les postiers s’en chargent également.

Testé dans plusieurs communes, le dispositif a montré des résultats encourageants. En 2016, 555 dossiers ont ainsi été collectés à Saint-Denis, en Ile-de-France, soit 33,41 % des dossiers identifiés dans le fichier de La Poste… Preuve que cela peut faire la différence : deux ans plus tôt, lors des élections municipales, le futur maire de cette ville avait devancé son principal adversaire de seulement 219 voix !

Passionnante, l’étude est aussi sans appel : le contact direct est la forme de communication la plus efficace pour générer une inscription ou une réinscription. Développée à une petite échelle, cette solution du Groupe La Poste pourrait-elle être adoptée sur le plan national ?