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Facture électronique : les transactions B2B se dématérialisent

Dès le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA sont tenues de recevoir leurs factures B2B au format électronique. La facture papier et le PDF transmis par e-mail n'ont plus valeur légale pour ces échanges.

La facture papier disparaît progressivement en France.  Les 4,5 millions d'entreprises assujetties à la TVA en France sont tenues de basculer vers un système entièrement numérique pour la gestion de leurs transactions B2B domestiques. Cette réforme n'est pas seulement une contrainte réglementaire, c'est également une opportunité significative d'améliorer les processus internes, de renforcer la conformité fiscale et de participer à la modernisation de l'économie.

Voici ce que vous devez savoir pour être prêt pour cette transition, en explorant les tenants et aboutissants de la facturation électronique, son impact sur les entreprises et l'administration fiscale, ainsi que les avantages tangibles qu'elle présente pour l'ensemble de l'écosystème économique. 

Découvrez comment la facturation dématérialisée redéfinit les échanges commerciaux en France.

Facturation électronique : qu'est-ce que c'est ?  

Selon l'ordonnance n°2021-1190 du 15 septembre 2021, une facture électronique (également appelée e-invoicing) est une facture émise, transmise et reçue sous une forme dématérialisée, dans un format structuré traité numériquement par les systèmes des parties et par l'administration fiscale.

Dans le cadre du B2B, cette obligation va plus loin qu'un simple changement de format : vos factures doivent impérativement transiter par une Plateforme Agréée (PA) immatriculée par la DGFiP. Un simple PDF envoyé par e-mail ne satisfait pas à cette exigence, même s'il est généré automatiquement par votre logiciel de facturation. Les formats acceptés (Factur-X, UBL, CII) sont définis par la norme européenne EN 16931, qui encadre la structure et le contenu minimal de toute facture électronique conforme.

 

Bon à savoir

L'e-invoicing s'applique uniquement aux transactions B2B domestiques, c'est-à-dire aux échanges entre deux entreprises françaises assujetties à la TVA. Les ventes aux particuliers (B2C), les opérations avec des clients ou fournisseurs étrangers et certaines prestations de services relèvent de l'e-reporting : une obligation distincte de transmission de données à la DGFiP, sans transit obligatoire par une PA pour ces flux. 

Facture électronique en B2B : quels changements pour les entreprises ?  

Que prévoit la loi concernant la facture dématérialisée ? 

L'ordonnance n°2021-1190 du 15 septembre 2021pose le cadre général de la réforme. Le dispositif a ensuite été précisé et actualisé par l'article 91 de la loi de finances pour 2024 (n° 2023-1322) et par l'article 123 de la loi de finances pour 2026 (n° 2026-103 du 19 février 2026), qui confirme notamment l'arrêt du développement du Portail Public de Facturation (PPF) et le rôle central des plateformes privées agréées.

L'obligation porte sur l'émission, la transmission et la réception des factures pour toutes les transactions entre entreprises françaises assujetties à la TVA. Le calendrier de déploiement est échelonné par taille d'entreprise : 

Type d'entrepriseRéception obligatoireÉmission obligatoire
Grandes entreprises et ETI1er septembre 20261er septembre 2026
PME, TPE et micro-entreprises1er septembre 2026 1er septembre 2027

Les transactions avec un particulier, ou avec un client ou fournisseur non assujetti à la TVA et/ou basé à l'étranger, ne sont pas concernées par l'e-invoicing. Pour ces opérations, la réforme impose en revanche une obligation d'e-reporting : la transmission périodique à la DGFiP de données relatives aux montants de l'opération, à la TVA facturée et, pour les prestations de services, aux données de paiement. 

 

Comment émettre et recevoir une facture électronique ? 

Une plateforme agréée : obligatoire pour envoyer et recevoir vos factures Une plateforme agréée (PA) est immatriculée par l'administration fiscale pour une durée de trois ans renouvelables. Elle constitue l'intermédiaire obligatoire pour l'émission, la transmission, et la réception des factures électroniques B2B domestiques. Votre PA centralise toutes les informations nécessaires à l'administration fiscale (Siret, TVA, HT) prend en charge la conversion de format si votre logiciel ne produit pas nativement un format conforme (Factur-X, UBL ou CII), et gère les obligations d'e-reporting pour le compte de ses clients. 

 

​À noter  
Depuis le 15 octobre 2024, le Portail Public de Facturation (PPF) n'assure plus de fonction de plateforme de facturation. Il remplit désormais un rôle d'annuaire centralisé (permettant l'identification de chaque entreprise et de sa PA de réception) et de concentrateur de données pour la DGFiP. Toute facture doit transiter par une plateforme privée agréée.

Une solution compatible (SC) pour faciliter la connexion et la conversion :

  • Les solutions compatibles (SC), bien qu'étant non certifiées, jouent un rôle de support en aidant les entreprises à se connecter aux PA. Ils offrent des services de conversion et d’automatisation pour faciliter la transition vers le système de facturation électronique ;
  • Les SC aident les entreprises à créer, transmettre, suivre, et gérer leurs factures électroniques, en se chargeant de l’intégration dans les systèmes de gestion internes et en assurant la conformité des données transformées. Bien que les PA gèrent les obligations réglementaires, les SC proposent des prestations complémentaires pour simplifier le processus de traitement des factures électroniques.

Quels sont les différents formats de facture électronique ?

Votre PA ou votre logiciel de facturation s'occupent de la conversion dans la grande majorité des cas. Vous n’avez pas besoin de les maîtriser, mais il est utile de les connaître

La norme EN 16931 définit les trois formats standards structurés reconnus par la réforme :

  • UBL (Universal Business Language) : format XML pur, préconisé pour les échanges B2B avec des partenaires étrangers et les marchés publics européens (PEPPOL). Il s'adapte aux spécificités locales tout en reposant sur une structure internationale commune.
  • CII (Cross Industry Invoice) : format XML pur issu de la norme ONU (UN/CEFACT), adapté aux grandes entreprises industrielles disposant de flux EDI existants.
  • Factur-X format hybride composé d'un PDF lisible par un humain et d'un fichier XML structuré intégré. C'est le standard franco-allemand développé par la FNFE-MPE, devenu norme européenne. Il est recommandé pour les PME et les échanges avec des partenaires non équipés en EDI. En cas de divergence entre le PDF et le XML, c'est le XML qui fait foi.  

Quelles sanctions sont prévues en cas de non-respect de ces obligations ? 

La loi de finances pour 2026 (n° 2026-103 du 19 février 2026, art. 123) a révisé l'ensemble du régime de sanctions. Les montants applicables sont les suivants : 

ManquementAmendePlafond annuel
Facture non émise au format électronique 50 € par facture15 000 €/an
Défaut de transmission e-reporting500 € par transmission15 000 €/an

En cas de non-respect de l'obligation d'émission, l'entreprise est mise en demeure de se conformer dans un délai de 3 mois. Si la non-conformité persiste à l'issue de ce délai, une amende supplémentaire de 500 € est prononcée, suivie d'une nouvelle période de mise en demeure de 3 mois. 

Guide de la facture électronique pour les entreprises : anticiper la réglementation et simplifier la mise en oeuvre

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Comment la facture électronique impacte les entreprises ?  

E-Invoicing B2B 

Les échanges de factures doivent désormais passer par des plateformes agréées (PA) respectant des normes de sécurité et de conformité élevées. Les entreprises doivent suivre un processus rigoureux d’immatriculation et d'audit de conformité pour utiliser ces plateformes.

Les factures émises doivent respecter des formats définis et normés comme UBL, CII, et Factur-X. De nouvelles mentions légales et des contrôles réglementaires renforcés sont exigés pour assurer une traçabilité et une intégrité maximales des transactions.

La gestion du cycle de vie des factures est devenue plus complexe avec l'introduction de plusieurs statuts obligatoires pour chaque facture, de l'émission à l'archivage, en passant par la validation et le paiement.

Les entreprises sont tenues de transmettre les données de toutes les transactions de facturation et d’encaissement vers la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP), permettant ainsi une meilleure surveillance et collecte des impôts.

 

E-Reporting B2B international et B2C

Les opérations internationales et les transactions avec les consommateurs nécessitent également une gestion via des plateformes agréées, qui permettent la collecte, les contrôles et la transmission régulière des déclarations des assujettis à la TVA.

Les formats des déclarations ont été standardisés pour assurer une uniformité. Les nouvelles régulations imposent des contrôles réglementaires plus stricts pour renforcer la conformité fiscale.

La fréquence de transmission des données à la DGFiP varie selon votre régime TVA :

  • Régime réel normal mensuel : 3 transmissions par mois.
  • Régime réel normal trimestriel et régime réel simplifié : 1 transmission par mois.
  • Franchise en base (auto-entrepreneurs) : 1 transmission tous les 2 mois.

Sur le plan géographique, la réforme s'applique en France métropolitaine ainsi qu'en Guadeloupe, en Martinique et à La Réunion. Les autres collectivités d'outre-mer (Guyane, Mayotte, Saint-Pierre-et-Miquelon, etc.) ne sont pas concernées par l'obligation de facturation électronique.

 

Facturation électronique B2B : Sécurité, Traçabilité et Archivage

La sécurité des échanges est primordiale, avec des exigences strictes concernant l'intégrité des données échangées et l'identification authentique des parties via eIDAS.

La traçabilité de chaque action sur les documents est assurée par une piste d'audit régulière, garantissant que chaque étape du processus de facturation est documentée et vérifiable.

Enfin, l'archivage des factures répond à deux cadres légaux distincts, que vos équipes comptables doivent distinguer :

  • 6 ans de conservation sur le plan fiscal (art. L. 102 B du Livre des procédures fiscales), correspondant au délai pendant lequel la DGFiP peut engager un contrôle.
  • 10 ans sur le plan commercial (art. L. 123-22 du Code de commerce), pour les documents relatifs aux opérations de l'entreprise.

Pour être probant, un archivage électronique doit répondre aux exigences de la norme NF Z42-013. Les Plateformes Agréées peuvent proposer des services d’archivage intégrant ces exigences, mais ce point dépend des solutions et doit être vérifié auprès du prestataire.

 

Engagement Organisationnel pour la e-facture B2B

Le respect de ces nouvelles obligations nécessite un engagement fort de la direction et l'implication active des différentes parties prenantes, qu'elles soient issues des départements métier ou de l'informatique.

Cette transformation représente non seulement un défi en termes de mise en conformité mais également une opportunité pour moderniser les systèmes d'information des entreprises et adopter des pratiques commerciales plus efficaces et transparentes.

8 questions pour anticiper le choix de sa plateforme agréée

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Quels sont les avantages de cette réforme ? 

Pour l’État : lutte contre la fraude et optimisation des politiques publiques 

Selon une étude de la DGFiP, le montant total de la TVA versé à l’État par les entreprises soumises à une déclaration annuelle atteignait 184 milliards d’euros en 2022. Pour l’administration fiscale, dématérialiser l’émission, l’envoi et la réception des factures permet de simplifier la collecte de cette taxe.  

La facturation électronique constitue également un levier efficace de lutte contre la fraude à la TVA qui représenterait un manque à gagner de 20 à 25 milliards d’euros annuels pour l’État (INSEE). Lutter efficacement contre la fraude aurait également des effets positifs sur le plan économique, en créant les conditions d’une concurrence plus loyale entre les entreprises.    

Autre avantage pour l’État : les données bientôt accessibles grâce à la dématérialisation des factures offriront une connaissance de l’état de l’activité entre les entreprises en temps réel. Ces informations permettront d’affiner les prévisions économiques, mais aussi d’identifier d’éventuels secteurs en difficulté afin de réorienter les aides publiques. 

 

Facture électronique : de nombreux bénéfices pour les entreprises

La dématérialisation des factures via l’automatisation du processus de facturation contribue à accélérer la transition numérique des entreprises. Elle présente une série d’avantages, notamment pour les PME, en permettant : 

  • Une réduction des délais de paiement et une transmission plus fiable des informations ; 
  • Une diminution des risques d’erreurs et d’omissions
  • Une meilleure traçabilité et une plus grande transparence des transactions commerciales, facilitant la gestion de la comptabilité et le suivi des paiements ; 
  • Une baisse des coûts associés au traitement des factures ; 
  • Une conformité accrue aux exigences réglementaires, fiscales et juridiques relatives à la facturation ;
  • Un niveau de sécurité renforcé, grâce à l'utilisation de technologies avancées de cryptage et de signature électronique qui garantissent l'authenticité et l'intégrité des factures électroniques.

Facture électronique, vers l’entreprise augmentée

Adopter la facturation électronique permet de gagner en efficacité vers l'optimisation des pratiques commerciales et fiscales. Non seulement cette réforme permet d'augmenter l'efficacité administrative en simplifiant la collecte de la TVA, mais elle contribue également de manière substantielle à la lutte contre la fraude fiscale, potentiellement récupérant des milliards d'euros pour l'État chaque année.

Pour les entreprises, ce passage à la facturation électronique se traduit par une nécessité d'adaptation et de mise à niveau des systèmes existants. Les défis ne sont pas négligeables et comprennent la conformité aux nouveaux formats de facture, l'adoption de plateformes agréées et la gestion sécurisée des données. Cependant, les bénéfices sur le long terme, notamment en termes de réduction des délais de paiement, d'amélioration de la précision des transactions et de réduction des coûts de gestion, sont des incitatifs puissants pour embrasser cette transformation numérique.

L’engagement envers cette transformation numérique nécessite une collaboration étroite entre les départements IT, les équipes métier, et la direction, soulignant l'importance d'une approche unifiée pour surmonter les défis et maximiser les bénéfices de cette réforme. En finalité, plus qu'une obligation légale, la facture électronique représente pour les entreprises une opportunité pour réinventer leurs processus commerciaux, améliorer leur transparence et renforcer leur compétitivité sur les marchés.

Ainsi, tout en naviguant à travers ces changements, les entreprises françaises sont appelées à se positionner à l'avant-garde de l'innovation et de la conformité pour respecter les nouvelles réglementations et adopter de meilleures pratiques qui définiront l'avenir du commerce B2B en France et au-delà.

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FAQ : vos questions sur la facturation électronique B2B

Qu'est-ce que la facturation électronique B2B ?

C'est l'obligation pour toutes les entreprises assujetties à la TVA d'émettre, de transmettre et de recevoir leurs factures dans un format structuré (Factur-X, UBL ou CII), via une Plateforme Agréée (PA), pour leurs transactions avec d'autres entreprises françaises. Cette obligation ne concerne pas les échanges B2C ni les opérations avec des partenaires étrangers.

 

Quelle est la différence entre e-invoicing et e-reporting ?

L'e-invoicing concerne les factures entre entreprises françaises assujetties à la TVA (B2B domestique) tandis que l'e-reporting concerne les transactions non couvertes par l'e-invoicing (ventes aux particuliers (B2C), opérations internationales et données de paiement pour les prestations de services). Pour ces flux, l'entreprise transmet des données agrégées à la DGFiP, sans obligation de faire transiter la facture par une PA.

 

Quand la facturation électronique B2B devient-elle obligatoire ?

La réception est obligatoire pour toutes les entreprises dès le 1er septembre 2026. L'émission l'est également dès cette date pour les grandes entreprises et les ETI. Les PME, TPE et micro-entreprises ont jusqu'au 1er septembre 2027 pour se mettre en conformité sur l'émission.

 

Peut-on encore envoyer une facture B2B par e-mail en PDF en 2026 ?

Non. À compter du 1er septembre 2026, toute facture entre entreprises françaises assujetties à la TVA doit transiter par une Plateforme Agréée immatriculée par la DGFiP, dans un format structuré reconnu (Factur-X, UBL ou CII). L'envoi d'un PDF par e-mail n'est plus conforme pour ces échanges, quelle que soit la taille de votre entreprise. 

Sources :  

(1) Rapport DGFIP - Aliantis  

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