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Mobilité durable en entreprise : comment réduire l’empreinte carbone de vos déplacements ?

Réduire l’empreinte carbone des déplacements en entreprise ne consiste plus seulement à verdir une flotte automobile. Le sujet est devenu plus large : trajets domicile-travail, déplacements professionnels courts, organisation des sites, articulation avec les transports collectifs, place du vélo, covoiturage, télétravail, ou encore usage de services partagés. Pour beaucoup d’entreprises, la vraie difficulté n’est pas d’identifier des solutions de transport mais bien de les assembler de façon cohérente.

 

Ce qu’il faut retenir

  • La mobilité durable en entreprise ne se limite pas au remplacement des véhicules thermiques.  
  • Les trajets domicile-travail et les déplacements professionnels courts sont souvent les premiers leviers à activer.  
  • Vélo, covoiturage, autopartage, télétravail et transports collectifs peuvent se compléter.  
  • Le plan de mobilité employeur fournit un cadre structurant pour organiser cette démarche.  
  • Une stratégie efficace repose sur le suivi des usages, pas seulement sur des intentions

Pourquoi la mobilité durable est-elle devenue un sujet stratégique ?

 

Le code des transports donne une clé de lecture utile : le plan de mobilité employeur vise à optimiser et à augmenter l’efficacité des déplacements liés à l’activité de l’entreprise, en particulier ceux de son personnel, tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre, les polluants atmosphériques et la congestion.  

Cela signifie que la mobilité durable n’est pas un sujet annexe. Elle touche directement au fonctionnement quotidien de l’entreprise. Une organisation des déplacements plus sobre peut agir sur plusieurs dimensions à la fois : réduire certaines émissions, fluidifier les trajets, limiter la pression sur le stationnement, et rendre la politique mobilité plus cohérente.

 

Quelles solutions de mobilité durable activer ?

 

Le vélo pour les trajets courts et mixtes

Le vélo, y compris à assistance électrique, constitue souvent l’un des leviers les plus accessibles pour les trajets courts, les trajets intersites ou les parcours mixtes avec transports collectifs. Il peut être soutenu via le forfait mobilités durables, ou intégré à des dispositifs plus larges de flotte ou de vélo collaborateur. Le FMD permet de soutenir plusieurs modes de déplacement durables pour les trajets domicile-travail, dont le vélo.

 

Le covoiturage et les mobilités partagées

Le covoiturage reste un levier très utile, notamment sur les sites peu accessibles autrement ou sur les territoires où la voiture reste dominante. Il peut lui aussi être soutenu via le forfait mobilités durables. D’autres services, comme l’autopartage ou certaines solutions en libre-service, peuvent compléter le dispositif selon le contexte local.

 

Le télétravail et l’organisation des usages

Réduire l’empreinte carbone des déplacements passe aussi par l’organisation du travail. Le télétravail ne relève pas d’une solution de mobilité à proprement parler, mais il agit directement sur le volume de trajets. Il a donc sa place dans une réflexion plus globale sur les déplacements liés à l’activité.

 

Comment mesurer l’impact ?

 

Mettre en place des actions de mobilité durable est une première étape. Les piloter dans le temps en est une autre. Sans indicateurs, difficile de savoir si les dispositifs sont réellement utilisés, s’ils répondent aux besoins des salariés ou s’ils produisent un impact mesurable.

L’objectif n’est pas de construire un tableau de bord complexe dès le départ, mais d’identifier quelques indicateurs simples, fiables et suivis dans le temps.

 

Mesurer les usages réels : qui utilise quoi ?

Plusieurs indicateurs peuvent être suivis facilement :

  • le nombre de salariés bénéficiant du forfait mobilités durables,  
  • la part de collaborateurs utilisant régulièrement le vélo (personnel ou de flotte),  
  • le taux d’utilisation d’une flotte de vélos (nombre de trajets, fréquence d’usage),  
  • le taux d’occupation des stationnements vélo.  

Ces données permettent de répondre à une question simple : les dispositifs proposés sont-ils réellement utilisés ? 
Une flotte peu utilisée ou un FMD peu activé peuvent révéler un problème de lisibilité, d’adéquation aux besoins ou de communication interne.

 

Suivre l’évolution des pratiques de déplacement

Au-delà de l’usage instantané, il est utile d’observer les évolutions dans le temps :

  • évolution de la part modale (voiture individuelle, transports en commun, vélo, marche),  
  • progression du nombre de salariés engagés dans des mobilités alternatives,  
  • impact du télétravail sur les déplacements domicile-travail.  

Ces indicateurs peuvent être collectés via des enquêtes internes simples (baromètre annuel ou semestriel). 
L’enjeu n’est pas la précision absolue, mais la capacité à détecter des tendances.

 

Évaluer les effets indirects : organisation et qualité de vie

Certaines retombées ne sont pas directement chiffrables mais restent essentielles :

  • perception des salariés sur leurs conditions de déplacement,  
  • sentiment de gain de temps ou de confort,  
  • réduction du stress lié aux trajets domicile-travail.  

Ces éléments peuvent être intégrés dans des enquêtes QVT ou des sondages internes. 
Ils apportent une lecture complémentaire aux indicateurs quantitatifs et permettent d’ajuster la politique mobilité de manière plus fine.

 

Installer un pilotage simple mais régulier

L’erreur fréquente consiste à vouloir trop mesurer… ou pas du tout. Une approche efficace consiste à :

  • définir 4 à 6 indicateurs clés,  
  • les suivre à fréquence régulière (trimestrielle ou semestrielle),  
  • partager les résultats en interne (RH, RSE, direction).  

Sans ce suivi, la mobilité durable reste souvent une intention. 
Avec quelques repères bien choisis, elle devient un levier pilotable et ajustable dans le temps.

 

Quels bénéfices attendre pour l’entreprise ?

Une politique de mobilité durable bien construite ne produit pas uniquement des effets environnementaux. Elle a aussi des impacts concrets sur les coûts, l’organisation et la cohérence globale de l’entreprise.

 

Réduction de certains coûts de déplacement

OPTIMISER L'USAGE DES RESSOURCES EXISTANTES 

Dans de nombreuses entreprises, les coûts liés aux déplacements sont diffus et peu pilotés : flotte automobile sous-utilisée, frais de stationnement élevés, remboursement de trajets peu optimisés.

En favorisant des alternatives comme le vélo ou le covoiturage, il devient possible de :

  • réduire certains usages non indispensables de véhicules motorisés,  
  • mieux répartir les modes de transport selon les besoins réels,  
  • limiter les coûts indirects liés aux déplacements urbains (parking, carburant, congestion).  

Il ne s’agit pas de supprimer un poste de dépense du jour au lendemain, mais de rééquilibrer les usages.

 

S’APPUYER SUR UN CADRE SOCIAL ET FISCAL EXISTANT 

Le forfait mobilités durables s’inscrit dans un cadre défini, avec :

  • un plafond d’exonération de 600 € par an pour le FMD seul,  
  • jusqu’à 900 € en cas de cumul avec la prise en charge des transports publics.  

Ce cadre permet d’accompagner financièrement les salariés tout en conservant une certaine maîtrise des coûts pour l’entreprise. 
Il offre aussi une alternative à des logiques plus coûteuses ou moins ciblées.

 

Une politique RH et RSE plus cohérente

DONNER DE LA CRÉDIBILITÉ AUX ENGAGEMENTS RSE 

Les engagements environnementaux peuvent parfois rester abstraits s’ils ne se traduisent pas dans le quotidien des collaborateurs.

La mobilité est, à l’inverse, un sujet concret :

  • elle concerne tous les salariés,  
  • elle s’inscrit dans les routines quotidiennes,  
  • elle est directement observable.  

Agir sur ce levier permet de passer d’un discours à une mise en pratique visible.

 

AMÉLIORER LA LISIBILITÉ DES DISPOSITIFS POUR LES SALARIÉS 

Dans de nombreuses entreprises, les dispositifs liés à la mobilité existent déjà. Le remboursement des transports en commun, le forfait mobilités durables ou encore certaines solutions internes comme une flotte de vélos ou des places de stationnement dédiées sont souvent en place. Pourtant, ils restent fréquemment sous-utilisés.

Pourquoi ? Tout simplement parce qu’ils manquent de lisibilité.

Du point de vue des salariés, ces aides peuvent apparaître fragmentées, difficiles à comprendre ou mal expliquées. Entre les règles d’éligibilité, les modalités de remboursement et les cas particuliers, il devient compliqué de savoir à quoi l’on a réellement droit, et surtout comment en bénéficier.

Structurer une politique de mobilité permet justement de changer cette perception. En regroupant les dispositifs, en clarifiant les règles et en simplifiant les parcours, l’entreprise rend l’ensemble plus accessible. Les salariés ne voient plus une succession d’aides isolées, mais un cadre cohérent dans lequel ils peuvent se projeter.

L’enjeu n’est donc pas d’ajouter de nouveaux dispositifs à ceux qui existent déjà. Il est de rendre l’ensemble compréhensible, activable et aligné avec les usages réels. C’est cette lisibilité qui conditionne, en grande partie, le taux d’adoption.

 

 

AGIR SUR LE QUALITÉ DU TRAVAIL 

Les déplacements domicile-travail restent un point de friction majeur dans le quotidien des collaborateurs. Selon une étude de OpinionWay de 2024, près de 6 salariés sur 10 déclarent ressentir du stress pendant leurs trajets domicile-travail.  

Les causes principales :  

  • embouteillages,  
  • retards ou perturbations,  
  • incertitude sur les horaires d’arrivée.

 

Ces contraintes, souvent considérées comme “normales”, ont pourtant un impact direct sur la qualité de vie au travail. Elles influencent l’énergie disponible en début de journée, la capacité de concentration, mais aussi la perception globale de l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle.

Proposer des alternatives crédibles permet d’agir concrètement sur ces dimensions. Le vélo, par exemple, peut offrir plus de régularité sur des trajets courts à moyens. Le télétravail permet de réduire la fréquence des déplacements. La multimodalité, quant à elle, donne la possibilité de combiner plusieurs solutions pour s’adapter aux contraintes du moment.

Ces évolutions ne transforment pas uniquement la manière de se déplacer. Elles modifient aussi la relation au travail. Un salarié qui maîtrise mieux ses trajets, qui subit moins les aléas de transport, aborde différemment sa journée.

À plus long terme, ces initiatives contribuent à renforcer plusieurs leviers clés : une meilleure perception de l’employeur, un engagement plus fort et une attractivité accrue de l’entreprise. 
 

 

La mobilité durable en entreprise ne se résume plus à une posture ou à un engagement de principe. C’est un sujet opérationnel, qui touche directement aux coûts, à l’organisation du travail et au quotidien des collaborateurs.

Ce qui fait la différence aujourd’hui, ce n’est pas la multiplication des dispositifs, mais leur capacité à être compris, utilisés et pilotés. Un forfait mobilités durables peu activé, une flotte de vélos sous-utilisée ou des aides mal connues n’apportent que peu de valeur. À l’inverse, quelques leviers bien structurés, alignés avec les usages réels, peuvent transformer en profondeur les pratiques de déplacement.

C’est là que se joue l’enjeu principal : passer d’une logique d’offre à une logique d’usage. 
Autrement dit, ne plus seulement proposer des solutions, mais créer les conditions pour qu’elles soient adoptées.

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