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Facture électronique obligatoire dans le secteur privé : ce qu’il faut savoir

Réunion de bureau. 1 femme debout et 3 personnes assises

Après son déploiement dans les échanges B2G (Business to Government), la réforme de la facturation électronique , inscrite dans la loi de finances, franchit une nouvelle étape avec son extension au secteur privé. Visant à simplifier les échanges commerciaux, à automatiser les processus et à renforcer la transparence fiscale, elle concernera ainsi dès 2026 l’ensemble des professionnels assujettis à la TVA, des TPE aux grands groupes. 

Pour anticiper sereinement cette évolution, quelles sont les informations à connaître selon que votre entreprise facture d'autres entreprises en France comme à l’international, à l'administration ou à des particuliers ? Voici le récapitulatif des obligations par typologie de clients (B2G, B2B domestique, B2B cross-border et B2C).

 

Ce que dit la loi 

La réforme s'appuie sur quatre textes cumulatifs : 

  • Article 26 de la loi de finances rectificative pour 2022 (n°2022-1157 du 16 août 2022) : premier texte instaurant l'obligation de facturation électronique B2B, avec un calendrier de déploiement progressif. 
  • Article 91 de la loi de finances pour 2024 (n°2023-1322 du 29 décembre 2023) : révision du calendrier et précision des modalités d'application. 
  • Article 123 de la loi de finances pour 2026 (n°2026-103 du 19 février 2026) : abandon définitif du portail public de facturation (PPF), caractère obligatoire du recours aux Plateformes Agréées (PA) et durcissement des sanctions. 
  • Décret n°2022-1299 du 7 octobre 2022 : définition des nouvelles mentions obligatoires sur les factures et conditions techniques d'application. 

Réforme de la facture électronique : les obligations avec le secteur public

Pour rappel, la facture électronique est non seulement obligatoire dans le cadre des transactions entre entreprises et acteurs du secteur public, mais déjà pleinement déployée. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2020, toute entreprise, quelle que soit sa taille, est tenue d’adresser ses factures à l’administration publique exclusivement via la plateforme Chorus Pro . Ce dispositif unique permet aux administrations de recevoir, traiter et suivre les factures, dans un objectif de transparence et de rigueur budgétaire.

La transmission via Chorus Pro est impérative et implique un contrôle direct par l’administration. L’intégration de ce processus au sein du système de facturation de l’entreprise doit donc être maîtrisée et sécurisée. 

 

À noter 

Si vous travaillez avec des clients publics, Chorus Pro est la seule plateforme autorisée pour la transmission de vos factures. Les Plateformes Agréées (PA) privées, qui s'appliquent aux échanges entre entreprises privées, relèvent d'un dispositif entièrement distinct. Aucune facture destinée au secteur public ne transite par une PA.

Les réglementations encadrant la réforme de la facturation électronique dans le secteur privé

La facturation électronique entre entreprises du secteur privé établies en France

Depuis 2024, toute transaction entre entreprises assujetties à la TVA en France doit faire l’objet d’une facture. La réforme de la facturation électronique va plus loin en prévoyant la dématérialisation totale des factures pour ces échanges, une évolution qui s’inscrit dans le cadre plus large de la dématérialisation des entreprises. 

En effet, à compter du 1ᵉʳ septembre 2026, l’ensemble des entreprises françaises, sans distinction de taille, devra être en mesure de recevoir des factures électroniques dans le cadre de leurs échanges B2B nationaux.

À cette même date, les grandes entreprises et ETI devront également émettre des factures électroniques à leurs partenaires commerciaux assujettis à la TVA. Les PME et TPE, quant à elles, disposeront d’un délai supplémentaire et devront se conformer à cette obligation à partir du 1ᵉʳ septembre 2027.

 

Bon à savoir  

Chaque facture électronique devra contenir les mentions légales habituelles (numéro SIREN de l'émetteur, TVA applicable, délais de paiement), auxquelles s'ajoutent quatre nouvelles mentions, introduites par le décret n°2022-1299 du 7 octobre 2022 (art. 242 nonies A du CGI) :

  • le numéro SIREN du client (acheteur ou preneur), à bien distinguer du SIREN de l'émetteur qui était déjà exigé ;
  • l'adresse de livraison des biens, lorsqu'elle diffère de l'adresse du client ;
  • la nature des opérations facturées : livraisons de biens, prestations de services, ou les deux ;
  • le régime de paiement de la TVA d'après les débits, lorsque le prestataire a opté pour cette option. 

 

Pour renforcer la sécurité juridique de vos factures, vous pouvez recourir au cachet électronique qualifié (règlement européen eIDAS, UE n°910/2014). Ce dispositif atteste l'authenticité de l'origine de vos documents et garantit l'intégrité de leur contenu, conformément à la directive 2010/45/UE. Facultatif, il a été introduit en droit français par la loi de finances pour 2023 (art. 62) et ses conditions d'application précisées par le décret n°2023-377 du 16 mai 2023. 

 

Votre facture électronique devra par ailleurs respecter l'un des trois formats normalisés reconnus par la DGFiP, tous conformes à la norme européenne EN 16931. Le bon format dépend de votre activité et des outils de votre entreprise.

  • Factur-X : vos destinataires visualisent la facture comme un PDF classique, pendant que votre Plateforme Agréée extrait et traite automatiquement les données structurées du fichier XML intégré. Ce format hybride est recommandé pour les PME et TPE : il ne bouleverse pas vos pratiques de lecture, tout en garantissant votre conformité réglementaire.
  • UBL (Universal Business Language) : format XML pur, sans version PDF visible, conçu pour un traitement entièrement automatisé. Il est particulièrement adapté à vos échanges avec des partenaires établis à l'international ou déjà intégrés au standard PEPPOL en Europe.
  • CII (Cross Industry Invoice) : également en XML intégral, ce format répond aux mêmes besoins que l'UBL pour les entreprises à forts volumes de facturation. Il s'appuie sur la norme de l'ONU (UN/CEFACT) et est davantage utilisé dans les secteurs industriels. 

En cas de divergence entre le fichier XML et le PDF visible d'une facture Factur-X, le fichier XML fait foi pour le traitement fiscal. Si votre logiciel génère le PDF à partir du XML, cette cohérence est garantie par construction. Dans le cas contraire, un contrôle avant transmission à votre PA s'impose. 

Ce passage à la facturation électronique sera également accompagné d’une obligation de transmission des données à l’administration fiscale (e-reporting), afin de permettre un suivi en quasi-temps réel de la TVA.

 

L'e-reporting dépasse le seul périmètre des transactions B2B nationales. Si vous réalisez des ventes aux particuliers ou des opérations avec des partenaires établis à l'étranger (intracommunautaires ou hors UE), vous devrez aussi transmettre des données de transaction à l'administration via votre Plateforme Agréée. C'est un dispositif complémentaire de l'e-invoicing, qui s'applique là même où la facture électronique n'est pas obligatoire.

Pour émettre et recevoir vos factures électroniques, vous devez impérativement passer par une Plateforme Agréée (PA), immatriculée par la DGFiP, comme le précise l'article 123 de la loi de finances pour 2026. Ce dernier a acté l'abandon définitif du portail public de facturation (PPF) pour la transmission des factures. Votre PA est désormais le seul point de passage réglementaire autorisé.

Vous pouvez compléter ce dispositif par une solution compatible (SC), qui propose des prestations additionnelles sans se substituer à la PA. 

 

Ce que la loi garantit dans votre relation avec votre PA

L'article 123 de la LF 2026 encadre désormais les obligations des plateformes à votre égard :

  • votre PA ne peut pas émettre ni transmettre de factures en votre nom sans votre accord explicite ;
  • si vous changez de PA, l'ancienne plateforme est tenue d'assurer la continuité du service pendant la transition et de garantir la portabilité de vos données pendant 12 mois (CGI art. 289 bis, III). 

10 critères pour choisir votre solution de facturation électronique

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La réforme de la facture électronique et les échanges internationaux

Si vos clients et fournisseurs sont des entreprises situées à l’étranger (dans le cadre d’échanges B2B internationaux), la mise en œuvre de l’e-invoicing (facture électronique) n’est pas obligatoire.

Ainsi, en tant qu’entreprise privée française, vous ne serez pas concernée par la dématérialisation des factures pour : 

  • vos ventes et activités intracommunautaires ;
  • vos ventes et exportations hors de l’Union européenne. 

À retenir

L'absence d'obligation d'e-invoicing sur ces opérations ne vous dispense pas de l'e-reporting. Pour ces mêmes flux (livraisons intracommunautaires, exportations), vous devrez transmettre des données de transaction à l'administration fiscale via votre Plateforme Agréée. L'e-reporting est une obligation distincte, qui s'applique là où la facture électronique ne s'impose pas.

 

Qui n'est pas concerné par la réforme de la facturation électronique ?

Votre entreprise n'est pas systématiquement soumise à l'ensemble du dispositif. Plusieurs catégories d'opérations et de situations sont exclues du périmètre de l'e-invoicing :

  • les entreprises non assujetties à la TVA ;
  • vos transactions avec des particuliers (B2C) ;
  • vos opérations avec des partenaires étrangers (voir ci-dessus) ;
  • vos opérations exonérées de TVA au titre des articles 261 à 261 E du CGI (santé, enseignement, certaines activités financières et d'assurance, associations agréées…) ;
  • les entreprises établies dans les collectivités d'outre-mer (COM).

Cas particuliers dans les territoires ultramarins

Territoire TVA applicableE-invoicing obligatoireE-reporting 
Guadeloupe, Martinique, La RéunionOuiOuiOui
Guyane, MayotteNonNonPartiel
COM (autres collectivités)NonNonNon

 

Les obligations autour de la facturation électronique pour le B2C 

Dans les relations commerciales entre une entreprise et un particulier, la facture n’est pas obligatoire de façon systématique. Elle n’est remise que sur demande du client. Si, à ce jour, aucune réforme spécifique n’est prévue dans le cadre du B2C autour de la facturation électronique, les entreprises doivent néanmoins veiller à la conformité de leurs outils, notamment en matière de caisse. Les logiciels de caisse utilisés doivent être certifiés NF-525, garantissant l’inaltérabilité, la sécurisation et l’archivage des données de transaction, conformément à la législation fiscale en vigueur.

Même en l'absence d'un calendrier réglementaire imposant la dématérialisation des factures dans ce contexte, le respect de ces obligations reste indispensable pour se prémunir contre les risques de redressement fiscal. 

Si vos activités incluent des ventes aux particuliers, l'obligation d'e-reporting s'applique à votre entreprise. Vous devrez donc transmettre périodiquement à l'administration fiscale des données agrégées sur ces transactions (montants, TVA collectée, périodicité), via votre Plateforme Agréée. Cette obligation concerne toutes les entreprises assujetties à la TVA réalisant des ventes B2C, quelle que soit leur taille ou leur secteur.

Pourquoi la facture électronique est-elle rendue obligatoire pour le secteur privé ?

Initialement prévue pour juguler la fraude à la TVA, qui coûterait entre 20 et 25 milliards d’euros chaque année à l’État, l’obligation de facturation électronique , entérinée par l’article 26 de la loi de finances rectificative pour 2022, ouvre parallèlement la voie à une gestion plus fluide des transactions B2B, une automatisation des processus et, à terme, une simplification du remplissage des déclarations de TVA. Ce nouveau cadre représente donc une opportunité de simplification administrative, de modernisation et de sécurisation des échanges commerciaux.
 

Quel est le calendrier de mise en conformité pour les entreprises privées ?

Si vos clients sont des entreprises françaises assujetties à la TVA, voici le calendrier de la réforme (lien vers page "calendrier de dématérialisation”) de la facture électronique :

  • Le 1er septembre 2026 : obligation de réception pour tous, et d’émission pour les grandes entreprises et ETI ;
  • Le 1er septembre 2027 : obligation d’émission étendue aux PME, TPE et micro-entreprises.

Un amendement proposant de décaler l'ensemble de ces échéances d'un an avait été adopté en commission spéciale de l'Assemblée nationale le 24 mars 2025. Il a été rejeté en séance plénière le 11 avril 2025. Les dates du 1ᵉʳ septembre 2026 et du 1ᵉʳ septembre 2027 ne sont donc plus soumises à révision. 

 

Les sanctions applicables depuis la loi de finances pour 2026 (art. 123) 

La LF 2026 a durci les pénalités applicables à compter du 1ᵉʳ septembre 2026. Voici ce à quoi votre entreprise s'expose en cas de non-conformité :

ManquementSanctionPlafond annuel
Facture non émise au format électronique50 € par facture15 000 €/an
Non-régularisation dans les 3 mois suivant une mise en demeure500 €-
Non-transmission des données d'e-reporting500 € par transmission manquante15 000 €/an
Absence de PA désignée (après mise en demeure)500 €, puis 1 000 €/trimestre-

 

Votre plan de mise en conformité en 4 étapes

  1. Désigner votre Plateforme Agréée (PA). Vérifiez au préalable son immatriculation sur la liste officielle publiée par la DGFiP.
  2. Raccorder votre PA à votre logiciel de gestion ou votre ERP. C'est cette intégration qui automatise l'émission et la réception des factures dans le format réglementaire.
  3. Mettre à jour votre base clients. Collectez le SIREN de chacun de vos clients professionnels et vérifiez que vos modèles de factures intègrent les nouvelles mentions obligatoires.
  4. Vous enregistrer dans l'annuaire central. Cet annuaire permet à vos partenaires de localiser votre PA et de vous adresser leurs factures électroniques. 

Une transition stratégique pour s'adapter à la réforme de l'e-facture

Au-delà du simple cadre réglementaire, la transition vers l'e-facture est un véritable levier d'optimisation pour les entreprises. En anticipant cette transition, vous vous donnez les moyens de moderniser vos processus. Vous bénéficiez d’une automatisation accrue des échanges et bénéficiez d’une réduction significative des erreurs. Vous renforcez également la sécurisation des données grâce à une traçabilité améliorée et une conformité fiscale optimisée. Enfin, vous pouvez profiter de gains d'efficacité, notamment grâce au traitement accéléré des factures et à une gestion plus performante de la TVA.

Pour en tirer pleinement profit, une préparation méthodique s'impose. Il convient d'abord d'évaluer précisément vos besoins et outils existants, avant de choisir une solution conforme, qu'il s'agisse d'une plateforme agréée (PA) ou d'une solution compatible (SC). Pensez également à la formation des équipes aux nouveaux processus, étape indispensable pour une adoption réussie.

Enfin, sachez que cette transition vers l'e-facture s'inscrit dans une démarche plus large de transformation numérique des entreprises. En démarrant votre transition dès maintenant, vous vous positionnez avantageusement pour l'économie de demain, transformant une obligation légale en opportunité stratégique.

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Vos questions sur la réforme de la facturation électronique

Quelle est la nouvelle loi sur la facturation électronique ?

La réforme repose sur trois textes principaux : l'article 26 de la LFR 2022 (n°2022-1157), qui en a posé le principe, l'article 91 de la LF 2024 (n°2023-1322), qui en a fixé le calendrier, et l'article 123 de la LF 2026 (n°2026-103 du 19 février 2026), qui confirme l'entrée en vigueur au 1ᵉʳ septembre 2026 et renforce les sanctions. Le décret n°2022-1299 du 7 octobre 2022 en précise les conditions pratiques.

 

Comment facturer en 2026 ?

À compter du 1ᵉʳ septembre 2026, vos factures B2B devront être structurées dans un format reconnu par la DGFiP (Factur-X, UBL ou CII) et transiter par une Plateforme Agréée immatriculée. Un PDF envoyé par e-mail ne sera plus conforme.

 

Quels sont les formats de facture électronique autorisés par la réforme ?

La DGFiP reconnaît trois formats conformes à la norme EN 16931 : Factur-X (format hybride PDF + XML, recommandé pour les PME), UBL (XML pur, adapté aux échanges internationaux) et CII (XML normé ONU, privilégié dans les secteurs industriels). Votre Plateforme Agréée prend en charge la conversion et la transmission dans tous les cas.

 

Qui n'est pas concerné par la facturation électronique obligatoire ?

Sont exclues du périmètre de l'e-invoicing : vos transactions B2C, vos opérations avec des partenaires à l'étranger, vos opérations exonérées de TVA (art. 261 à 261 E du CGI) et les entreprises établies dans les collectivités d'outre-mer (COM). Plusieurs de ces situations restent toutefois soumises à l'obligation d'e-reporting.

 

Quelles sont les sanctions en cas de non-conformité ?

La LF 2026 (art. 123) porte l'amende pour défaut de facture électronique à 50 € par facture (plafond 15 000 €/an) et celle pour défaut d'e-reporting à 500 € par transmission manquante (même plafond). L'absence de Plateforme Agréée désignée expose votre entreprise à une amende de 500 €, puis 1 000 € par trimestre de non-conformité persistante. 

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