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Entreprises soumises à l’IS : comment offrir des vélos électriques gratuits à vos salariés ?

Proposer des vélos électriques gratuits à ses salariés peut sembler ambitieux. En réalité, pour une entreprise soumise à l’impôt sur les sociétés, c’est un sujet très concret. Le cadre fiscal existe, la logique RH est claire, et l’intérêt pour les collaborateurs est facile à comprendre : un mode de transport pratique, plus économique au quotidien et mieux aligné avec les enjeux de mobilité durable.

 

Encore faut-il bien distinguer ce que l’entreprise peut réellement mettre en place. Car derrière l’idée de “vélo électrique gratuit”, plusieurs montages coexistent : 

  • mise à disposition gratuite d’une flotte de vélos pour les trajets domicile-travail, 
  • flotte partagée sur site, 
  • attribution individuelle, 
  • ou encore articulation avec d’autres dispositifs comme le forfait mobilités durables. 

     

Pour en tirer parti, l’enjeu n’est donc pas seulement de financer des vélos, mais de choisir un cadre cohérent, de sécuriser le traitement social et de mobiliser les avantages fiscaux prévus pour les entreprises soumises à l’IS.  

 

​Ce qu’il faut retenir : 

 

  • Une entreprise soumise à l’IS peut bénéficier d’une réduction d’impôt pour la mise à disposition gratuite d’une flotte de vélos à ses salariés pour leurs trajets domicile-travail.  
  • Cette réduction est plafonnée à 25 % du prix d’achat ou de location de la flotte, et le dispositif est prolongé jusqu’au 31 décembre 2027.  
  • Le dispositif vise les cycles et cycles à pédalage assisté, donc les vélos électriques sont bien concernés.  
  • Les dépenses prises en compte ne se limitent pas à l’achat des vélos : certains frais d’entretien, d’assurance, d’équipements de sécurité et de stationnement peuvent aussi entrer dans l’assiette.  
  • Si l’usage du vélo dépasse le seul cadre professionnel ou domicile-travail, l’entreprise doit se poser la question d’un éventuel avantage en nature au sens URSSAF 

Les avantages fiscaux pour l’entreprise

 

Une réduction d’impôt prévue pour les sociétés soumises à l’IS

Le point de départ est simple : une entreprise soumise à l’impôt sur les sociétés peut obtenir une réduction d’impôt lorsqu’elle met gratuitement une flotte de vélos à la disposition de ses salariés pour leurs déplacements entre le domicile et le lieu de travail. Ce mécanisme est prévu par l’article 220 undecies A du CGI. La réduction est égale aux frais générés par cette mise à disposition, dans la limite de 25 % du prix d’achat ou de location de la flotte. Lorsque l’entreprise passe par la location, le contrat doit avoir une durée minimale de trois ans.  

C’est un levier intéressant, car il donne un cadre fiscal à une politique mobilité qui, sinon, serait souvent perçue comme une simple dépense RH ou RSE. Ici, l’entreprise investit dans un équipement utile aux salariés tout en bénéficiant d’un avantage fiscal prévu par la loi. Le message est clair : la mobilité douce peut aussi être une décision de gestion.

 

Une assiette de dépenses plus large qu’on ne l’imagine

Autre point utile : la réduction d’impôt ne porte pas uniquement sur le prix du vélo. La réglementation inclut aussi plusieurs dépenses associées. Peuvent notamment entrer dans l’assiette les dotations aux amortissements des vélos, les frais d’assurance contre le vol, les frais d’entretien, les équipements de sécurité comme les casques ou antivols, ainsi que certaines dépenses liées à un local ou à une aire de stationnement pour vélos.  

C’est un vrai sujet pour les entreprises qui veulent construire un usage réel. Un vélo électrique mis à disposition sans maintenance, sans stationnement adapté et sans cadre logistique risque d’être peu utilisé. À l’inverse, une approche plus complète augmente les chances d’adoption et renforce l’intérêt économique du projet.

 

Peut-on parler d’exonération des charges fiscales et sociales ?

Il vaut mieux être précis sur ce point. Côté fiscal, on ne parle pas d’une exonération générale, mais bien d’une réduction d’impôt pour les entreprises soumises à l’IS, dans les conditions prévues par les textes.  

Côté social, il faut éviter les raccourcis. L’URSSAF rappelle qu’un avantage en nature existe lorsqu’un bien ou un service est fourni gratuitement, ou avec une participation inférieure à sa valeur réelle, pour un usage personnel du salarié. Cela signifie qu’un vélo électrique “gratuit” n’est pas automatiquement neutre au regard des cotisations. Tout dépend des conditions concrètes de mise à disposition et de l’usage permis au salarié.  

Autrement dit, une entreprise peut bénéficier d’un avantage fiscal sur sa flotte de vélos, tout en devant parallèlement examiner si la mise à disposition accordée à certains salariés constitue ou non un avantage en nature. Les deux sujets sont liés, mais ils ne se confondent pas.

 

Les critères pour offrir des vélos électriques gratuits à vos salariés

 

Conditions de mise en place dans l’entreprise

Le dispositif fiscal vise une flotte de vélos mise gratuitement à disposition des salariés pour leurs trajets entre le domicile et le lieu de travail. C’est ce point qu’il faut garder en tête. Si l’entreprise souhaite bénéficier de la réduction d’impôt, elle doit pouvoir démontrer qu’il s’agit bien d’une flotte destinée à ces déplacements, et non d’un simple avantage octroyé sans cadre particulier.  

 

En pratique, cela suppose de définir un mode de fonctionnement clair : 

  • vélos attribués nominativement ou flotte mutualisée, 
  • modalités d’accès, 
  • lieux de retrait, 
  • règles de retour, 
  • entretien, 
  • assurance,
  • responsabilité en cas de vol ou de casse. 

     

Cette formalisation n’est pas une lourdeur administrative inutile. C’est ce qui permet à l’entreprise d’avoir un dispositif lisible, pilotable et défendable.

 

Modalités de sélection des bénéficiaires

Les textes n’imposent pas une méthode unique de sélection des salariés bénéficiaires. L’entreprise peut donc organiser son dispositif en fonction de sa réalité terrain. Certaines choisiront une flotte ouverte à tous sur un site donné. D’autres cibleront des salariés dont les trajets domicile-travail sont compatibles avec l’usage du vélo, ou des équipes pour lesquelles les déplacements de proximité sont fréquents.

 

Le plus important est d’éviter l’arbitraire. Un dispositif bien conçu repose sur des critères compréhensibles : 

  • lieu de travail, 
  • contraintes de stationnement, 
  • distance raisonnable, 
  • fréquence de présence sur site, 
  • logique de test sur une population pilote. 

     

Cela facilite l’adhésion interne et réduit le risque de transformer une bonne idée en avantage mal compris.

 

Les avantages pour les salariés

 

Un mode de transport à la fois écologique et économique

Pour les salariés, l’intérêt d’un vélo électrique mis gratuitement à disposition est immédiat. Ils disposent d’une solution de déplacement déjà financée, plus souple que la voiture sur de nombreux trajets courts, et souvent plus simple à intégrer dans le quotidien que ce qu’ils imaginaient. Le vélo à assistance électrique rend aussi le dispositif plus accessible : il réduit l’effort, allonge les distances réalisables et permet d’élargir le public concerné.

 

C’est souvent là que le projet prend tout son sens. L’entreprise ne propose pas seulement un équipement. Elle enlève une partie des freins à l’usage : 

  • coût d’achat, 
  • entretien, 
  • hésitation face au relief ou à la distance, 
  • difficulté à tester une nouvelle habitude.

 

Une baisse possible des frais de transport domicile-travail

Même si la situation varie selon les territoires, un salarié qui remplace tout ou partie de ses trajets motorisés par un vélo électrique peut réduire certaines dépenses liées au transport : 

  • carburant, 
  • stationnement, 
  • abonnement secondaire, 
  • ou frais liés à un second véhicule utilisé au quotidien. 

     

Le bénéfice n’est pas strictement identique pour tous, mais dans de nombreux cas, il est concret.

L’intérêt n’est pas uniquement budgétaire. Un vélo facilement accessible peut aussi simplifier le dernier kilomètre, mieux articuler les trajets avec les transports en commun, ou redonner de la souplesse à des déplacements devenus contraignants. C’est souvent cette combinaison entre économie, praticité et autonomie qui fait décoller l’usage.

 

Comment le vélo peut-il devenir un avantage en nature ?

Un point mérite d’être posé clairement. Si l’entreprise met un vélo électrique à disposition pour un usage encadré, par exemple centré sur le domicile-travail ou sur des besoins professionnels définis, la lecture n’est pas la même que si le salarié dispose librement du vélo soir et week-end comme d’un bien personnel. Dans ce second cas, la question du vélo de fonction au regard de l’Urssaf se pose beaucoup plus directement. 


L’Urssaf ne prévoit pas aujourd’hui un barème spécifique aussi détaillé pour le vélo que pour certains autres avantages. C’est pourquoi il est prudent de documenter la situation : 

  • nature de la mise à disposition, 
  • usages autorisés, 
  • éventuelle participation du salarié, 
  • règles de restitution. 

     

Le bon réflexe n’est pas de chercher une réponse automatique, mais de sécuriser la qualification choisie.

 

Procédure pour intégrer des vélos électriques gratuits dans la politique RH

 

Gestion administrative et légale

Pour intégrer une flotte de vélos électriques gratuits dans une politique RH, il faut avancer par étapes. D’abord, choisir le bon format : 

  • achat ou location, 
  • flotte mutualisée 
  • attribution plus individualisée, 
  • périmètre géographique, 
  • volume de vélos, 
  • services associés. 

     

Ensuite, cadrer les documents internes : 

  • note de service, 
  • charte d’usage, 
  • conditions de restitution, 
  • gestion des incidents, 
  • articulation avec la paie et la fiscalité.

     

Il faut aussi anticiper les obligations déclaratives liées à la réduction d’impôt. Le décret de 2016 a précisément fixé les modalités d’application du dispositif et les obligations déclaratives des entreprises qui souhaitent en bénéficier.  

 

Communication interne et adoption par les salariés

Un dispositif de mobilité ne vit pas tout seul. Même quand il est financièrement attractif, il peut rester peu utilisé s’il n’est pas expliqué. La communication interne a donc un rôle décisif. Il faut présenter le service, clarifier qui peut en bénéficier, expliquer les usages possibles, montrer comment réserver ou récupérer un vélo, rassurer sur l’entretien et l’assistance.

L’adoption passe aussi par le concret. Une phase pilote, des retours d’expérience, quelques données simples sur les usages ou des relais internes peuvent faire toute la différence. Sur ce sujet, la pédagogie compte autant que l’investissement initial.

 

Faut-il articuler ce dispositif avec le forfait mobilités durables ?

Oui, dans certains cas, mais sans tout mélanger. Le forfait mobilités durables est un dispositif distinct. Il permet à l’employeur de prendre en charge certains frais de déplacement domicile-travail réalisés avec des modes de transport durables, dont le vélo personnel. Il est cumulable, sous conditions, avec la prise en charge des abonnements aux transports publics ou de location de vélos, avec un plafond global d’exonération de 900 euros dans certains cas exposés par Service-Public. 

 

Cela signifie qu’une entreprise peut penser sa politique mobilité de façon plus large : 

  • flotte de vélos électriques gratuits pour certains usages, 
  • forfait mobilités durables pour d’autres salariés, 
  • abonnement de location de vélos dans certains contextes urbains. 

 

L’essentiel est de garder une architecture lisible.

Pour une entreprise soumise à l’IS, offrir des vélos électriques gratuits à ses salariés n’a rien d’un gadget. C’est une décision qui peut réunir plusieurs objectifs utiles : favoriser des trajets domicile-travail plus sobres, proposer un avantage concret aux collaborateurs, et bénéficier d’un cadre fiscal prévu par les textes. La réduction d’impôt existe, les vélos électriques sont bien concernés, et les dépenses prises en compte peuvent aller au-delà du simple achat de la flotte.  

La vraie clé, ensuite, tient dans la mise en œuvre. Un dispositif efficace n’est pas seulement financé : il est cadré, expliqué et suivi. C’est à cette condition qu’une flotte de vélos électriques gratuits devient un vrai levier RH et mobilité, et pas une mesure qui reste sur le papier.

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