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Le « locavorisme » est une tendance qui vise à privilégier la consommation des produits locaux. Détectée avant la crise du Covid-19, elle s’est renforcée ces dernières semaines. Désormais, consommer local est synonyme de proximité. Une bonne nouvelle pour les consommateurs - citoyens et de nouvelles perspectives pour redynamiser nos territoires.

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Jamais la proximité n’aura autant été plébiscitée. Proximité humaine, proximité géographique, relocalisation… les exemples sont nombreux. Car, derrière cette valeur si souvent arborée, se cachent de nombreuses vertus. Pour les collectivités territoriales, cette notion de proximité va de pair avec une redynamisation des territoires. Acheter local est une véritable aspiration pour les consommateurs – citoyens qui privilégient le savoir-faire, l’économie ou les produits de leur région. 
C’est un fait, le “consommer local” revient en force ! Une récente étude1 montre ainsi que 75% des français souhaiteraient consommer prioritairement des produits locaux. Cette tendance de fond a même un nom : locavore. Son étymologie associe « locus », le lieu, et « vorare », avaler.  Le locavorisme est intimement lié au circuit court, puisqu’il s’agit de consommer local, en acceptant au maximum un intermédiaire. La consommation locavore permet également de soutenir les bassins de production à proximité et de profiter de produits de saison, arrivant plus frais.   

Ce phénomène, qui s’est d’abord incarné par le développement des Amaps, des marchés ruraux et des ventes de produits « à la ferme », a trouvé une nouvelle résonnance avec la crise du Covid-19. Celle-ci a remis à l’honneur la notion de proximité qui s’incarne par le retour des acteurs locaux, tant au niveau de la vie publique qu’au niveau de la consommation. Durant la période du confinement, les Français ont redécouvert leurs commerces de proximité. Ils ont apprécié consommer des produits issus des circuits courts. Nombre d’entre eux ne se disaient pas « locavores » avant mars 2020, ils le sont pourtant devenus. Est-ce par nécessité, par idéologie ou simplement par pragmatisme ? Quoiqu’il en soit un nouveau mouvement, plus large, est apparu en faveur d’une consommation de proximité. Pour Philippe Dorge, Directeur Général de la Branche Services-Courrier-Colis à La Poste, ces nouvelles attentes doivent être prises en compte. « Cette crise a montré l’importance de la proximité et nous devons tous participer à la dynamique de cette économie locale et territoriale », nous explique-t-il.  

Dans cette redynamisation du commerce local, les collectivités ont un rôle à jouer. Très actives sur le sujet pendant le confinement, elles ont fait preuve de créativité pour donner aux consommateurs-citoyens les moyens de consommer des produits de leur région, en limitant leurs déplacements. Du drive à la plateforme e-commerce les initiatives furent nombreuses. La Chambre d’agriculture et le Conseil Départemental du Tarn ont ainsi proposé aux Tarnais de continuer à acheter des produits frais aux producteurs locaux, via la création d’un drive. Les consommateurs commandaient et réglaient en ligne et étaient directement livrés par le producteur sur un des points de retrait. Développée sur l’ensemble du territoire, la plateforme digitale Ma Ville Mon Shopping, initiée par le Groupe La Poste, a permis de mettre en relation plus de 2 500 commerçants de proximité avec des clients locaux. « Dans l’esprit des consommateurs, “e-commerce” était synonyme de “je veux accéder aux produits chinois très lointains” », nous confie Philippe Dorge. « Or, la proximité c’est avant tout pouvoir réduire les distances et les temps d’échange. Avec Ma Ville Mon Shopping, nous avons permis aux clients d’accéder à des produits locaux grâce au digital et à la logistique du facteur ». 
Dans le monde d’après, consommation locale et digitale iront de pair. Petits producteurs, commerçants de quartier… tous ont vu qu’ils pouvaient avoir accès au digital pour toucher des consommateurs en demande de produits locaux.  

Cela va-t-il perdurer ? Certainement car cette attente pour une consommation « locavore » n’est pas nouvelle. Elle s’est juste amplifiée pendant la crise et s’est imposée auprès d’un public plus large. 
Elle rebat les cartes d’une économie où digital et petit commerce s’unissent.