La Poste Solutions Business : Rubrique A la une

 

Le Groupe

Se rapprocher des clients en livrant plus vite et mieux malgré le boom du commerce à distance et du flux de colis qu’il engendre, améliorer la qualité de l’air, désengorger les centres villes : La Poste, qui a toujours été précurseur, redouble d’ingéniosité pour réinventer la livraison du dernier kilomètre. Explications avec Jean-Louis Carrasco, Directeur Logistique Urbaine au sein de la Branche Service, Courrier et Colis (BSCC).

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- On assiste depuis un an sous l’effet de la Covid-19 à une explosion du e-commerce, donc du flux des colis livrés par La Poste. Dans ce contexte, est-il raisonnable de continuer à poser l’objectif d’une réduction des émissions de CO2 ? 

- Du fait du confinement, de la fermeture des commerces, du couvre-feu, la vente à distance a considérablement augmenté, c’est vrai, et le flux de colis avec elle. Malgré tout, nos clients, aussi bien ceux qui expédient les colis que ceux qui les reçoivent, ne veulent pas que l’accroissement de cette activité aggrave le changement climatique et détériore la qualité de l’air. Et nous sommes d’accord avec eux : nous maintenons notre objectif de diminution de nos émissions de gaz à effet de serre. La Poste restera précurseur en matière de durabilité et notre réseau de Logistique Urbaine est en train de relever ce défi avec des projets ambitieux mais indispensables à une logistique responsable. 

- La logistique urbaine, c’est essentiellement le transport qui est, par définition, polluant. Comment peut-elle concrètement être responsable ? 

- La Branche Services, Courrier Colis (BSCC) a pris une série d’engagements. Pour commencer, en accord avec la stratégie du Groupe, nous avons validé le remplacement, dans les 22 métropoles de France, à l’horizon fin 2024, de tous les véhicules thermiques dits du « dernier kilomètre » par des véhicules électriques. On parle là d’une flotte de 4 500 véhicules et d’une économie de plus de 12 000 tonnes de CO2 par an ce qui est considérable. Nous étudions également les moyens d’accompagner nos partenaires sous-traitants vers notre objectif de « dépolluer et décarboner » massivement toutes les livraisons. 
Notre deuxième engagement est tout aussi ambitieux. Il s’agit du déploiement, à l’horizon du 1er janvier 2025, de l’une des plus grandes flottes de vélocargos d’Europe dans les « cœurs de villes ». En partenariat avec la chaire Logistique de la Kedge Business School de Bordeaux, nous avons créé un algorithme d’analyse de la circulation en ville et cartographié les points noirs des 50 plus grandes villes françaises où le trafic est congestionné, où il y a des zones piétonnes, où il n’y a pas d’emplacements pour se garer, autant de facteurs qui rendent l’accès des camionnettes problématique – ce modèle mathématique et son application de livraison douce à Bordeaux centre-ville a été le lauréat 2020 du prix de l’ADEME, dans la catégorie cyclo-logistique. Dans ces zones contraintes, les camionnettes seront toutes remplacées par des vélocargos à assistance électrique, munis de conteneurs urbains recevant 1,2 m3 de marchandises (contre 8 à 10 m3 pour les camionnettes). Cette innovation est bonne pour nos villes et bonne pour la planète. C’est le sens de l’accroche présente sur nos vélocargos : « Je fais tout pour que le trafic reste au vert ». Dans les deux sens du terme ! Nous sommes amenés à repenser nos flux logistiques autour d’infrastructures relais, des espaces logistiques urbains de proximité – il y en aura par exemple une dizaine à Paris. L’enjeu est de taille. Le flux de colis arrivera déjà trié dans ces espaces, dans les conteneurs qui se greffent au vélo et qui seront à la disposition du facteur. Ce dernier n’aura qu’à embarquer un nouveau conteneur qui l’attendra, dans le sens de sa tournée.  

- Mais un vélo sera-t-il aussi rapide qu’une camionnette ? La ponctualité restera-t-elle au rendez-vous ? 

- La Poste continuera d’être, dès la première heure, à la porte du client. Différents tests nous ont révélé que nous serons encore plus rapides : les facteurs en vélocargo n’auront plus à affronter les embouteillages puisqu’ils peuvent emprunter les couloirs de bus, et ne connaitront plus les difficultés de stationnement puisqu’ils se garent au pied de l’immeuble. L’efficacité, dans les vitesses de transport et de livraison, est améliorée de 25 à 30%. Nous avons également demandé à un cabinet indépendant de mener une étude de tests d’efforts. Trois facteurs ont été équipés, pendant plusieurs jours, de toutes sortes de capteurs analysant aussi bien leur rythme cardiaque durant la tournée en vélocargo que la puissance d’appui sur les pédales. Tout a été fait pour cette nouvelle mobilité douce s’accorde avec le bien-être des postiers ! Nous sommes la première entreprise à avoir réalisé ce type de tests. 
Notre schéma de logistique urbaine concilie la qualité de service, donc le respect des délais, avec la préservation de la qualité de vie. Non seulement nous limitons les émissions de gaz à effet de serre et décongestionnons les centres villes, mais en plus, toutes ces nouvelles solutions ont un autre atout : elles n’émettent pas de bruit. En ville, c’est appréciable ! 

Crédit photos :
Alex Minangoy/LM Influence