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Retraite anticipée : conditions et démarches

Mise à jour le 7 décembre 2021 photo d'un couple à la retraite
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Le sujet des retraites est une nouvelle fois au cœur de l’actualité. Il s’agit, en effet, d’un thème d’importance dans la société suscitant de multiples débats. L’âge légal, actuellement fixé à 62 ans au minimum pour les personnes concernées (c’est-à-dire nées à partir de 1955) et à 67 ans pour bénéficier d’une retraite à taux plein, est désormais remis en question. Nul doute qu’il évoluera dans l’avenir. Reste qu’aujourd’hui, il existe de nombreuses situations vous permettant de profiter d’une retraite anticipée. Voici comment en tirer parti.

Qu’est-ce que la retraite anticipée ?

Bien que l’âge légal soit aujourd’hui fixé à 62 ans, certaines situations vous permettent de sortir de la vie active par anticipation. Il convient néanmoins de respecter quelques conditions et de vous assurer que votre situation est compatible avec une possible retraite anticipée :

  • C’est par exemple le cas si vous avez commencé à travailler très jeune, c’est-à-dire avant l’âge de 20 ans. La loi considère alors, au vu de votre longue carrière, que vous avez le droit d’arrêter de travailler avant l’âge légal et dès 60 ans.
  • Vous êtes également concerné si vous êtes reconnu comme travailleur handicapé. Vous pouvez alors partir en retraite anticipée dès l’âge de 55 ans.
  • La loi considère par ailleurs qu’il est normal de s’arrêter de travailler tôt lorsque la carrière a été jugée comme pénible. Il convient néanmoins de justifier d’une incapacité permanente de 10 ou 20 % selon les situations et de dépendre de certains régimes (régime général, régime agricole et/ou affiliés à la mutualité sociale agricole ou MSA). L’âge de départ à la retraite peut alors être avancé à 60 ans.

Retraite anticipée pour longue carrière

Si vous avez commencé à travailler lorsque vous étiez très jeune, il est possible de profiter d’une retraite anticipée et de quitter la vie active dès 60 ans (et même dès 57 ans pour ceux ayant commencé vraiment très jeunes). Vous devrez alors prouver que vous avez débuté votre carrière à 20 ans (ou 16, 17 ans pour la retraite à 57 ans) et que vous avez suffisamment cotisé.

Bon à savoir : certains régimes complémentaires ne permettent pas de profiter de ce dispositif


La carrière longue n’est pas toujours reconnue par les différents régimes complémentaires. C’est par exemple le cas pour les professions libérales.

Comment procéder : pour prendre votre retraite anticipée pour carrière longue, il vous faut vérifier votre relevé de carrière afin d’être certain que l’ensemble de votre parcours professionnel y est inscrit. Vous pourrez en demander la régularisation si besoin. Faites ensuite la demande à votre caisse de retraite de base, de votre attestation de situation. Ce document vous permettra de justifier de votre longue carrière. Il ne vous reste plus enfin, qu’à faire une demande de retraite anticipée auprès de votre caisse.

Retraite anticipée pour les travailleurs handicapés

À l'instar du cas précédent, une retraite anticipée pour cause de handicap n’est possible qu’à certaines conditions. Vous devez tout d’abord prouver que votre taux d’incapacité permanente est de 50 % minimum ou que vous avez été reconnu comme travailleur handicapé (avant 2016). Il est également obligatoire de justifier d’une durée minimale d’adhésion à l’assurance vieillesse et d’un nombre suffisant de trimestres cotisés (leur durée et leur nombre dépendent de votre année de naissance).

Bon à savoir : partir à la retraite anticipée suite à un accident de travail


Si votre incapacité de 20 % (ou 10 % dans certaines conditions) est consécutive à un accident du travail ou une maladie professionnelle, il vous est possible de partir à la retraite à taux plein dès l’âge de 60 ans.

Comment procéder : chaque régime de cotisation impose ses propres conditions pour ce type de retraite anticipée. Vous devez donc contacter la caisse de retraite à laquelle vous êtes affilié actuellement et faire votre demande. L’organisme étudie alors votre dossier et vous fait parvenir une notification de départ anticipé pour handicap si votre demande est acceptée. En possession de ce document, il vous reste à déposer votre demande de retraite anticipée auprès de toutes les caisses auxquelles vous avez cotisé durant votre carrière.

Retraite anticipée pour pénibilité

Lorsque le travail fourni est trop pénible, la loi autorise (depuis 2010) les travailleurs du régime général à partir à la retraite avant l’âge légal. Le taux plein peut alors être atteint dès 60 ans, et ce, même s’ils ne peuvent pas justifier du nombre de trimestres de cotisation minimum. En 2014, l’État a, par ailleurs, créé le compte personnel de prévention de pénibilité (rebaptisé ensuite compte professionnel de prévention en 2017), permettant d’accumuler des points lorsque les tâches quotidiennes sont reconnues comme pénibles. C’est le cas des emplois de nuit, d’une exposition à des bruits ou à des températures extrêmes, etc. En s’accumulant, ces points donnent ensuite la possibilité de faire diminuer l’âge de départ à la retraite. Lorsque le travailleur dispose de 10 points, il lui est possible d’avancer son départ à la retraite d’un trimestre.

Comment procéder : il vous faut ici faire votre demande à l’aide d’un formulaire spécifique (Cerfa n° 14819 01). En l’accompagnant des documents exigés, vous devrez ensuite le faire parvenir à votre CARSAT (caisse d’assurance retraite et de santé au travail). Cette dernière étudiera votre dossier avant de l’accepter ou non. Sachez toutefois que si vous n’avez pas de réponses dans les 4 mois, la demande est considérée comme rejetée.

Différentes situations vous permettent de partir en retraite anticipée. Toutes sont conditionnées et imposent de justifier de conditions de travail pénibles, d’un début de carrière ancien ou d’une invalidité permanente. Dans le cas contraire, vous devrez travailler jusqu’à l’âge légal, actuellement de 62 ans (et de 67 ans pour un départ à taux plein).