Quelle aide financière pour les aidants ?
Depuis octobre 2020, le statut de proche aidant a évolué. Il est possible de prendre un congé indemnisé pour s’occuper d’un proche malade.
Mise à jour le 29 décembre 2020
Avec l’avancée en âge, il arrive que le comportement d’une personne âgée change et qu’elle devienne agressive. Une agressivité qui se manifeste parfois un brusque changement d’humeur, une manière de réagir par la colère que l’entourage et l’aidant familial ne reconnaissent pas. Votre père ou votre mère s’emporte sans raison apparente ou de manière intense et répétée, manifeste de la méchanceté ? Cette attitude déconcertante de votre proche âgé peut se traduire par :
La colère fait partie des émotions de la vie et il arrive qu’à certains moments non maîtrisés, l’agressivité pointe le bout de son nez. Quand elle apparaît chez la personne âgée de manière inattendue, elle peut être le signe d’une souffrance physique ou psychologique qu’il va falloir déceler.
« Lorsqu’une personne âgée devient agressive de manière plus ou moins soudaine, on ne reconnait plus son proche, « Il n’a jamais été comme ça » peut-on entendre de la part des aidants familiaux, explique Jean-Claude Monfort, neurologue, psychiatre, gériatre et auteur de Psychogériatrie édité chez PUF (lien). Il est d’abord très important de réfléchir aux causes de l’agressivité avant d’agir. Pour l’entourage, et notamment pour les enfants de la personne âgée, il sera utile de réaliser une petite enquête pour chercher à savoir ce qui se passe. Mieux vaut éviter les questions directes du type « Pourquoi es-tu comme ça ? », « Qu’est ce qui ne va pas ? », car elles peuvent faire en sorte que son parent se bloque et se referme comme une huître. N’importe quelle douleur ou inconfort peuvent causer de l’agressivité, mais aussi des crises d’épilepsie sans convulsion que l’on retrouve chez 5 % des personnes âgées. » Il vous faudra donc chercher à savoir ce qui a pu modifier le comportement de votre parent, des événements les plus récents aux plus anciens. On peut ainsi se demander :
Parmi les questions à se poser : « Y a-t-il des souvenirs douloureux susceptibles de remonter à la surface (perte d’un conjoint, d’un proche, événements de l’enfance…) ? Cette analyse du passé de son parent peut prendre du temps, mais elle n’est pas du tout anodine, poursuit Jean-Claude Monfort. Il arrive par exemple que des événements douloureux qui se sont produits dans l’enfance, parfois avant l’âge de 3 ans, ressurgissent chez une personne âgée de plus de 80 ou 85 ans ! » On peut aussi creuser du côté de la psychogénéalogie. C’est-à-dire la trace laissée par ce qu’ont vécu nos ancêtres dans notre propre vie et qui aurait un impact plus ou moins conscient sur ce que nous sommes. Même si cette approche est critiquée par des médecins et des scientifiques, savoir ce qu’ont vécu les parents de nos parents peut aussi nous éclairer sur ce que traverse notre proche aujourd’hui.
Essayez de ne pas réagir à l’agressivité par l’agressivité. Cela paraît évident, mais ce n’est pas si simple ! Ne forcez jamais votre parent à parler, à manger, etc. « Il faut écouter son proche, reformuler ses propos pour lui demander si on a bien compris ses inquiétudes, ses peurs, conseille Jean-Claude Monfort. Rester dans un silence bienveillant et montrer qu’on est là pour lui. Chez les personnes âgées les plus agitées, il faut surfer avec elles sur la vague de la colère et de l’agressivité, l’accompagner. Ce sont d’ailleurs les personnes âgées les plus agressives qui ont le plus besoin de présence. Un contact qui peut être plus ou moins important selon les relations que vous entretenez avec votre parent. Vous pouvez le prendre dans vos bras quand cela est possible et bien perçu ou simplement rester près de lui pour attendre que l’orage passe, lui caresser le dos de la main, faire diversion en lui apportant un verre d’eau, etc. Le but étant d’éviter de prescrire des médicaments alors qu’on pourrait trouver d’autres solutions.
« Lorsque les troubles sont importants et répétés dans le temps, on peut utiliser l’«Échelle des personnes âgées déconcertantes » (Epade) destinée à la base aux professionnels de santé, mais qui peut être utilisée par les aidants ». Un moyen d’évaluer plus précisément l’ampleur des troubles du comportement de votre parent, de décrypter les émotions, les paroles, les actes pour en parler ensuite avec son médecin traitant ou une infirmière qui intervient à domicile. « Lorsqu’on a fait le tour de tout ce qui pouvait perturber le comportement de son parent et qu’on n’a rien trouvé, ou rien de très évident pouvant expliquer le changement de comportement, il ne faut pas hésiter à se tourner vers les professionnels de soin. On peut être dépassé par ce qui se passe et culpabiliser de ne pas y arriver alors que c’est tout sauf simple à gérer pour les aidants. »
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