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Garder le lien au fil du temps

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Nous avons tous besoin de liens, de relations, de contacts et d’échanges. Il est indispensable d’avoir une place et un rôle au sein de la société. Mais est-ce à ladite société de veiller à n’oublier personne ?

L’homme a beau être un loup pour l’homme (enfin d’après Hobbes), il n’en reste pas moins un « animal social » (merci Aristote). Non, nous ne pouvons vivre seuls. Cette évidence a même fait l’objet d’une théorie, celle de l’attachement, développée par le psychiatre et psychanalyste John Bowlby dans les années 1950. Pour connaître un développement physique, psychique et émotionnel normal, un tout-petit a besoin de tisser des liens d’attachement avec au moins une personne qui prend soin de lui de façon cohérente et continue. La relation est fondamentale dès le début de l’existence. Le bébé ne peut rien sans soutien, sans regard, sans parole.

En serait-il autrement, une fois soufflé les quatre-vingts printemps ?

Absolument pas. Dans un ouvrage collectif qui donne la parole aux personnes âgées(1), une « octo », comme la nomme avec affection l’auteure, témoigne : « Oui, il y a le vague à l’âme du matin, mais un coup de téléphone fait revivre. Oui, tout se fait avec les autres. Il faut exister pour quelqu’un ou quelques-uns, sinon c’est la solitude. »

D’après une enquête plutôt rassurante du collectif Combattre la solitude des personnes âgées(2), 61 % des personnes entre 79 et 83 ans ne se sentent pas (ou peu) seules ; elles sont 57 % à partir de 84 ans. Une bonne nouvelle pour la majorité de nos aînés. Et les autres ? Certains, en effet, en se retirant de la vie active, se retirent également de la vie sociale. Et ce n’est pas bon pour le moral. Ne plus avoir l’impression de compter au sein de la société à laquelle on a contribué pendant tant d’années, n’est pas très enthousiasmant.

Et si c’était à la société de recréer du lien ?

Et si c’était à la société de recréer du lien ?

Les temps changent, heureusement. On voit se développer de plus en plus d’initiatives en faveur de ce lien d’attachement, fondamental tout au long de la vie, pour redonner une place aux retraités, et pas seulement dans des clubs de troisième âge. Car nul n’est tenu d’aimer le bridge !

Parce que tout citoyen a sa place, son mot à dire, il doit conserver la possibilité, même s’il ne travaille plus, d’avoir un rôle au sein de la collectivité. C’est l’idée du réseau des Villes amies des aînés, qui compte aujourd’hui plus d’une centaine de communes en France : interroger les attentes et les besoins de nos (grands-)parents, mais aussi les faire participer directement à la vie de la cité. Ainsi, à Metz, un conseil des seniors œuvre à l’amélioration du vivre-ensemble ; et à La Wantzenau, un conseil des aînés est devenu force de proposition pour la municipalité.

Quelques mots d’amour

Ces initiatives s’accompagnent d’une réflexion sur les conditions de résidence actuelle des personnes âgées. Ehpad ? Maintien à domicile ? Et s’il y avait d’autres options plus solidaires ? Dans un avis rendu en février 2018, sur les enjeux du vieillissement, le Comité national d’éthique en a trouvé : des habitats autogérés, intergénérationnels, ou encore des petites résidences services pourraient estomper ce sentiment de solitude. Être ensemble, partager, et surtout… parler.

N’oublions jamais ce qui nous lie, peu importe les générations, du babillage de l’enfance jusqu’aux fabuleuses histoires contées par ceux qui les ont vécues : nous avons tous en commun le langage. Après avoir mené de nombreux entretiens avec des personnes âgées, une étude du Crédoc(3) conclut au besoin vital de l’échange verbal. « Moi, il faut que je parle, il faut que je raconte ! » résume l’une d’elles. Quand s’installe une relation de confiance et de réciprocité avec l’autre, le moral remonte. Vous avez un parent retraité ? Une voisine dont la famille est loin ? Et si vous lui disiez quelques mots (d’amour…) aujourd’hui ?

Quelques mots d’amour

1. Comment l’esprit vient aux vieux. Penser et vivre un vieillissement durable sous la direction de Marie-Françoise Fuchs (Érès).

2. Enquête « Isolement et vie relationnelle », septembre 2006.

3. Rapport du Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie), « Étude qualitative des effets de l'intervention bénévole sur l'isolement et la perte d'autonomie des personnes âgées », octobre 2013.