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accepter le temps qui passe

Accepter le temps qui passe

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Lorsque les années passent, le corps se fragilise. Que faire de cette nouvelle vulnérabilité ? Comment aider nos parents, nos amis, nos voisins à apprivoiser ce physique plus tout à fait comme avant ?

Comment réagir quand les premiers stigmates du temps apparaissent, quand le corps devient moins souple, moins tonique, parfois affaibli, inconfortable. Que faire quand, tout à coup, ce corps qui nous accompagne depuis toujours nous rappelle à notre fragilité ? Quand il devient un ennemi, presque une menace ? Eh bien, les seniors font comme tout le monde, ils réagissent au quart de tour !

Monique, 72 ans, est un peu dans le déni : « Moi, j’ai 25 ans dans ma tête ! Alors j’évite de me regarder dans le miroir et je refuse de penser à mes soucis. C’est tout juste si je vais chez le médecin. » Richard, 67 ans, lutte : « Je suis toujours inscrit dans une salle de sport, je prends des fortifiants et je songe même à un léger lifting. » Louise, 81 ans, est plus fataliste : « Je ne dis pas que ça me plaît de vieillir, mais qu’est-ce que vous voulez que j’y fasse ? Je me suis résignée… »

illustration témoignage femme

Ces trois types de réactions sont loin d’être étonnants. Ils sont même parfaitement… humains ! La fuite, la lutte et le repli sur soi sont en effet des mécanismes de défense bien pratiques et fort utiles quand il s’agit de nous protéger, et d’autant plus lorsque nous sommes fragiles. Le hic, c’est qu’ils nous privent un peu de libre arbitre : nous réagissons alors que nous pourrions agir.

Et certains de nos retraités l’ont bien compris, eux qui ont opté pour une autre voie, plébiscitée par la planète psy dans son ensemble : l’acceptation(1). Il s’agit d’accueillir ce qui est, ce qui nous est donné à vivre, plutôt que de nous plaindre en fonction d’un soi-disant passé formidable – « C’était mieux hier » – ou de fantasmer sur un idéal à venir – « Jamais je ne vieillirai ! ».

Ainsi, Georges, 75 ans, qui, après un stage de méditation de pleine conscience, a choisi de faire avec plutôt que contre : « J’avance avec mes forces et mes fragilités, avec ma bonne humeur et mon arthrose. Je ne fais plus le marathon, mais je marche tous les jours. Et ça me plaît autant que lorsque j’avais le nez rivé sur le chrono. Je compose avec celui que je suis comme je composais avec celui que j’étais. Autrement bien sûr. Mais après tout, fragile, on l’est toute sa vie. Peut-être moins physiquement, c’est sûr. Mais tout bien pensé, on est aussi vulnérable à 20 ans qu’à 75 ! Si ce n’est plus… »

illustration témoignage homme

Les psys invitent volontiers à apprivoiser plutôt que fuir, lutter ou « faire le mort » avant l’heure ! Marie de Hennezel, psychologue spécialiste de la fin de vie, est formelle : « Bien vieillir aujourd’hui, dans notre société, c’est d’abord accepter de vieillir. Accepter les changements physiques, le fait que l’on ne peut plus faire ce que l’on faisait plus jeune. Et en même temps, comprendre le paradoxe de vieillir : parce que si le corps vieillit, le cœur et l’esprit peuvent rester jeunes. »

Comment concrètement mieux vivre le nombre des années ?

En se chouchoutant bien sûr ! Il s’agit de poursuivre une activité physique, bien se nourrir, dormir convenablement, surveiller sa santé, prendre soin de sa sexualité, etc. Mais pas que ! La psychologue poursuit : « Ce n’est pas seulement prendre soin de son corps, c’est surtout prendre soin de sa vie intérieure. Il faut l’enrichir. » Elle insiste sur des capacités qui ne vieillissent jamais, la curiosité et l’ouverture. Celles-ci se développent tout au long de la vie et permettent « d’éprouver des petites joies » qui, additionnées, font de la retraite « un temps où l’on peut être très heureux et très épanoui ».

Dans la mesure où, comme vous l’avez compris, on accepte. Non dans une forme de résignation, mais avec conscience et plaisir, parce que l’on aime la vie et ce qu’elle a de bon à nous offrir. Et lorsque nos aînés l’oublient, lorsqu’ils retombent à leur insu dans ces mécanismes de défense archaïques, c’est à nous, proches et aidants, de leur rappeler que cette voie existe, qu'elle est plus constructive.

 

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1. D’où l’essor des thérapies cognitives et comportementales (TCC) dites de troisième vague fondée sur l’acceptation de son vécu.