Le Groupe

Isabelle Baraud-Serfaty, présidente d’Ibicity, cabinet de conseil et d’expertise en économie urbaine Clément Fourchy, directeur général adjoint d’Espelia, cabinet de conseil en gestion des services publics Nicolas Rio, fondateur de l’agence Partie Prenante, agence de conseil en stratégies territoriales.

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émergence de nouveaux opérateurs de services urbains

VERS L’ÉMERGENCE DE NOUVEAUX OPÉRATEURS DE SERVICES URBAINS

La transformation des services urbains est multiple. Mais elle peut se résumer autour de deux phénomènes parallèles, qui impactent l’ensemble des secteurs.

Le premier est le déplacement de la valeur vers l’aval. Historiquement, la chaîne de valeur des services urbains était structurée par l’amont du fait de l’importance des infrastructures dans la production du service (qu’il s’agisse des centrales nucléaires pour l’énergie, des incinérateurs pour les déchets ou de la construction pour l’immobilier). Dans l’économie numérique, l’enjeu consiste à l’inverse à se positionner au plus près de l’usager, pour mieux comprendre ses besoins et être en mesure d’y répondre.  Impulsé par les GAFA, ce basculement se diffuse aussi dans les services urbains. La plupart des nouveaux entrants se positionnent en effet comme un intermédiaire entre des opérateurs traditionnels et les usagers du service.

Le second est l’élargissement du périmètre des services urbains. L’évolution de la mobilité témoigne de cette évolution : le périmètre du service urbain ne peut plus se réduire au service public de transport en commun.

Pour devenir « as a service », ce secteur doit aussi intégrer la mobilité individuelle (stationnement, vélo en libre-service, transport à la demande...) ou partagée (co-voiturage, auto partage...), ainsi que l’aide à la mobilité (notamment les applications numériques) et le stationnement. Cet élargissement du spectre des services urbains correspond à un brouillage croissant entre service public et offre privée. Il s’explique par la primauté donnée à l’usager dans la conception du service, et donc la nécessité de proposer une palette de services complète pour répondre à la diversité de ses besoins.

Ces évolutions se constatent dans l’ensemble des secteurs.

Directement impacté par l’impératif environnemental, le secteur des déchets est le plus concerné par la logique d’économie circulaire : les décennies à venir, la chaîne de valeur des déchets va probablement laisser place à une boucle de valeur de la ressource.

Dans le domaine énergétique, la recomposition du paysage des opérateurs énergétiques se fera à partir de la consommation et non de la production, comme ce fut longtemps le cas. Ce phénomène ouvre le jeu pour les nouveaux entrants. Les opérateurs historiques centrés sur la maîtrise des réseaux électriques risquent de se faire concurrencer par d’autres acteurs issus des principaux postes de consommation énergétique (l’immobilier et la mobilité) et par de nouveaux prestataires de services capables de proposer un accompagnement sur mesure.

Ces mutations à l’œuvre dans les services urbains n’en sont qu’à leurs prémisses. Et il est aujourd’hui bien difficile d’annoncer quels opérateurs en sortiront gagnants.

Risquons-nous néanmoins à poser deux certitudes. Premièrement, les frontières sectorielles perdent de leur pertinence pour trier les acteurs concernés. Deuxièmement, le jeu reste ouvert.

Tous les opérateurs de demain ne seront pas des nouveaux entrants et/ou des plateformes numériques. Les profils révèlent au contraire la grande diversité des prétendants et de leurs modèles économiques : localisés globalisés, marchands non-marchands, spécialisés généralistes...


POUR EN SAVOIR PLUS :
Carte blanche aux acteurs de la transition écologique
TÉLÉCHARGER L'OUVRAGE :
Carte blanche aux acteurs de la transition écologique


Cette tribune est issue de notre étude « Quels seront les opérateurs de services urbains de la ville de demain ? » (consultable ICI)