| |
|
ACCUEIL
L'ATELIER
ÉCHANGES
REGARDS CROISÉS
PROCHAINS
APC |
| |
|
| |
 |
| Et si la carte de fidélité
n'était pas l'alpha et l'oméga de la fidélisation
des clients ? « À trop miser sur la seule
carte, les programmes de fidélité en viennent parfois
à oublier l'essentiel : le client »,
note Stéphane Marchet, Directeur Marketing Clients et Internet
de Conforama. Cette enseigne a fait le choix de travailler la relation
client sans carte de fidélité, mais en plaçant
véritablement le consommateur au cur de la stratégie
relationnelle. Et pour établir cette stratégie, Stéphane
Marchet et Sylvie Joseph, ancienne Directrice Marketing de Conforama,
aujourd'hui Présidente du Pôle Solutions du Groupe
HighCo, ont étudié les pratiques du secteur de la
distribution, notamment à l'étranger. Avec, au global,
une analyse riche d'enseignements qui permet de réinterroger
les stratégies classiques déployées en France. |
| |
| Les programmes de fidélité
ne sont plus différenciants |
 |
 |
Quelle est la motivation des marques
qui lancent une carte de fidélité ? « Nous
sommes souvent dans des stratégies d'imitation à vocation
défensive, explique Stéphane Marchet. La carte
de fidélité est devenue la norme car les distributeurs
ont peur de se marginaliser en ne la proposant pas. »
L'uniformisation va jusqu'au contenu même des cartes. Elles
fonctionnent pour la plupart selon un modèle identique :
elles sont remises gratuitement à tous les clients, sans
condition, en échange d'informations qualifiantes. Et les
avantages proposés sont essentiellement économiques
(réductions, promotions, capitalisation de points, etc.).
« Les avantages que l'on pourrait qualifier de psychologiques,
comme les caisses prioritaires ou les invitations à des soldes
privés sont plus rares, » observe Stéphane
Marchet.
« En multipliant les promotions, ce système
ne récompense pas les meilleurs clients, mais les plus zappeurs,
ajoute Sylvie Joseph. On peut même dire que les distributeurs
incitent le consommateur à chasser la promotion. »
Et au final, la carte et les avantages qu'elle propose deviennent
le cur de la stratégie de fidélisation. « De
nombreuses enseignes, poursuit Sylvie Joseph, cherchent d'abord
à animer la carte
au lieu de chercher à animer
la relation ! On en vient à oublier que, si les consommateurs
privilégient un magasin pour leurs achats, c'est d'abord
parce qu'ils le trouvent en adéquation avec leurs attentes. » |
|
 |
Ikea a mis au point un concept de vente parfaitement adapté aux familles avec enfants. Avec une grande cohérence dans toutes les actions développées : les magasins proposent des aires de jeux, des gardes d'enfants, des menus pour enfants, etc. La carte de l'enseigne s'appelle Ikea Family, tout comme le magazine qui a été rebaptisé dans ce sens. Jusqu'à l'offre de produits qui fait émerger des produits spécialement conçus pour les tout jeunes enfants. |
 |
 |
|
|
|
| Développer une préférence
durable pour l'enseigne |
 |
 |
Pour Stéphane Marchet et Sylvie
Joseph, avant de lancer un programme de fidélisation, il
convient de s'interroger sur le contrat de base qui relie le client
à l'enseigne. « Et il y a une clause de ce
contrat qui n'est pas négociable, insiste le directeur marketing clients de Conforama, c'est l'excellence
opérationnelle sur les basiques du métier. »
Cette excellence doit bien sûr se traduire en magasin, en
évitant les mauvais étiquetages ou encore les ruptures
d'approvisionnement, ainsi qu'en périphérie du point
de vente à travers le customer convenience (parking, accueil,
etc.). « Mais l'excellence forme un tout, qui commence dès
le domicile des clients, insiste Stéphane Marchet. Les
prospectus qu'ils reçoivent chez eux doivent non seulement
être clairs, mais aussi parfaitement en phase avec ce qu'ils
vont trouver et vivre en magasin. Cette cohérence fait partie
du contrat de base ».
Pour créer une préférence durable, l'enseigne
doit aussi parfaitement connaître et comprendre le comportement
de ses clients. « Cela passe en premier lieu par l'analyse des
tickets de caisse, reliés à un identifiant client,
explique Sylvie Joseph. Cet identifiant peut être la carte
de fidélité, mais pas nécessairement. »
Sans carte de fidélité, mais en faisant appel au géomarketing,
Conforama arrive ainsi à rattacher 85 % de ses tickets
de caisse à un foyer. Ce qui lui permet de disposer d'une
base de 21 millions de clients identifiés.
À partir de cette connaissance clients peut se développer
un positionnement et un concept de vente clair, lisible et cohérent
avec les attentes des consommateurs, mais aussi bien sûr avec
la stratégie de l'entreprise (voir l'encadré sur Ikea).
Et c'est en fonction de cette stratégie et de ce positionnement
que doit être conçue la stratégie relationnelle.
En la matière, plusieurs options sont possibles pour fidéliser
activement les clients. Les deux géants du secteur de la
distribution aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, Walmart et Tesco,
ont d'ailleurs opté pour des approches radicalement différentes. |
|
| Fidéliser localement le client moyen, l'exemple de Walmart |
 |
Pour Walmart, la fidélisation passe par la satisfaction des clients sur les lieux de vente. L'objectif de l'enseigne va donc être de rechercher une parfaite adéquation entre l'offre dans chacun de ses magasins et le comportement d'achat de la clientèle locale. « Walmart ne cherche pas à connaître ses clients individu par individu, détaille Stéphane Marchet. L'enseigne cherche à avoir la connaissance la plus précise possible du consommateur moyen sur une zone géographique donnée. » À partir de l'analyse des tickets de caisse, Walmart adapte la structure locale des assortiments et du pricing, magasin par magasin. Chaque point de vente apparaît ainsi comme le lieu idéal pour faire ses courses car totalement en adéquation avec les besoins et les attentes des clients.
Afin d'atteindre ce très haut niveau de performance, la stratégie de Walmart nécessite un parfait back office. L'enseigne détient ainsi l'une des bases de données les plus importantes du monde. Et pour l'exploiter de façon optimale, le distributeur dispose du deuxième budget informatique des Etats-Unis, derrière le Pentagone.
« La finesse de l'approche, pointe Stéphane Marchet, alliée à la puissance commerciale de Walmart, font que les chiffres de vente de l'enseigne servent d'indicateurs pour mesurer la santé économique des Etats-Unis... ». Au Royaume-Uni, Tesco a développé d'autres armes pour obtenir un leadership. Face au consommateur moyen de Walmart, Tesco mise sur la connaissance individuelle de chaque client pour une approche plus "aspirationnelle". |
|
 |
« La distribution en France est encore dans un schéma traditionnel, estime Sylvie Joseph. On le voit dans les budgets de communication : 60 à 70 % sont consacrés aux tracts et aux prospectus. Mais sous l'impact des modifications réglementaires et de l'ouverture du secteur au média télévision, le secteur va vivre une révolution dans les deux ou trois ans à venir. »
On devrait ainsi assister à un profond réarbitrage dans la structure des budgets de communication des grandes enseignes. On peut s'attendre à une réallocation des moyens vers la télévision, à une très forte progression d'Internet pour mettre en place des stratégies one-to-one, et à un développement des techniques de relation client, à distance ou dans les points de vente, grâce à l'utilisation des bases de données. |
 |
|
|
|
| Fidéliser individu par individu,
l'exemple de Tesco |
 |
 |
Tesco a lancé en février
1995 un système de carte de fidélité baptisé
Club Card, qui compte aujourd'hui 10 millions de clients. Chacun
d'entre eux est identifié précisément selon
son style de vie (célibataire, en couple avec enfants, etc.),
ses habitudes de consommation et ses achats (à partir des
tickets de caisses). « Tesco utilise en premier lieu
la connaissance clients pour planifier l'ouverture de magasins (format,
offre, assortiment), explique Sylvie Joseph. L'analyse de
la clientèle permet de positionner les magasins selon 4 formats,
du plus urbain, Tesco Express, conçu pour les citadins qui
manquent de temps, au plus familial, Tesco Extra. »
Toujours grâce à la connaissance clients, l'enseigne
développe également ses produits au sein de ses trois
marques propres, de Tesco Budget à Tesco Finest. Enfin, les
informations recueillies via Club Card permettent d'animer la base
client. Tesco sait en effet qui achète quoi et quels sont
les leviers qui déclenchent l'achat.
« Cette approche est parfaitement en phase avec le
positionnement de l'enseigne : "Every little helps",
note Sylvie Joseph. Dans chacune de ses actions, Tesco a développé
une vraie attitude entièrement tournée vers le client,
autour de trois mots-clés : Customer, convenience
et consistency. Cette cohérence se retrouve dans
la qualité de l'accueil en magasin avec un personnel réellement
très disponible. »
L'enseigne s'est donné tous les moyens pour réussir
son programme Club Card, doté d'un budget de 355 millions
d'euros : 315 millions sont rétrocédés
aux clients via des réductions (financées par le distributeur
et les fournisseurs), 40 millions vont aux frais de production
et de routage (chaque client reçoit entre 15 à 20 mailings
par an) et 700 000 euros sont alloués à la gestion
de la base de données. Parallèlement, Tesco a réalloué
l'ensemble de son budget de communication. Les investissements en
mass media ont, par exemple, diminué de 70 % et se concentrent
désormais sur la télévision. Ce qui a permis
de dégager 70 millions d'euros, attribués au
programme Club Card.
Et les résultats sont au rendez-vous. Dans un contexte de
guerre des prix au Royaume-Uni suite au rachat du distributeur Asda
par Walmart, Tesco a su gagner des positions sans entrer dans la
spirale de la guerre des prix. La rentabilité a certes baissé
mais elle reste toujours au-dessus des normes de la profession.
Et sur les dix dernières années, l'entreprise est
passée de 17 à 25 % de parts de marché
outre-Manche. « Comme Walmart, résume Sylvie
Joseph, c'est le succès d'une stratégie globale
qui a mis le client au cur de l'entreprise, avec une grande
cohérence et aussi une grande pérennité dans
l'approche de la relation client. » |
|
| La relation client au service d'une
stratégie d'enseigne |
 |
 |
Pour Stéphane Marchet et Sylvie
Joseph, il ne fait aucun doute que la gestion de la relation client
doit reposer sur une stratégie d'enseigne : « Et
cette stratégie d'enseigne dépasse la responsabilité
du marketing. Le magasin, la communication, le CRM, le programme
de fidélité : tout doit servir à nourrir le
message que l'entreprise veut faire passer, avec une grande lisibilité
pour le consommateur, grâce à un contrat clair et pérenne
avec le client. » C'est ensuite que peut se mettre
en place une stratégie d'animation de la base clients nourrie
en contenus pertinents. Selon les enseignes et leur positionnement,
ces contenus vont être définis en adéquation
avec les centres d'intérêts et les préoccupations
des clients, par l'anticipation du renouvellement des équipements
obsolètes, par l'identification des moments de "rupture"
dans la vie des clients (mariage, naissance d'un enfant), etc.
« Mais développer une stratégie globale
tournée vers le client nécessite d'avoir une organisation
interne cohérente avec cet objectif, ainsi qu'un système
d'information performant pour gérer une base unique de connaissance
clients, fait remarquer Stéphane Marchet. La gestion
de la relation client peut alors être partagée par
tous, en prenant soin notamment d'alimenter la force de vente en
informations. » Les vendeurs sur le terrain sont
en effet très sollicités pour faire remonter des données,
mais bien peu redescendent. La force de vente a souvent une vue
très parcellaire des clients, alors que toutes les informations
existent ailleurs dans l'entreprise. « Il ne faut
pas négliger l'importance du point de contact physique,
insiste Sylvie Joseph. C'est bien là où tout se
joue dans la relation client. » |
|
Les participants de l'APC du 20 octobre 2005 : |
| |
Intervenants témoins :
SYLVIE JOSEPH GROUPE HIGHCO
Présidente du Pôle Solutions, ex-Directrice Marketing
Conforama
STEPHANE MARCHET CONFORAMA
Directeur Marketing Clients & Internet
MAURICE BELAIS QUATRAX
Directeur Général
GILLES BOSSIS
Consultant
PIERRE-PHILIPPE CORMERAIE CAISSE NATIONALE DES CAISSES D'EPARGNE
Directeur Adjoint Communication Commerciale et Promotion des Ventes
FRANCOIS DAVY LA POSTE
Directeur Marketing et Commercial
BERNARD D'EPENOUX TELE Z
Directeur Commercial
ALAIN EMPRIN
Consultant
BERNARD GASSIAT CIC
Directeur Communication Commerciale et Interne
CHRISTINE LAHUEC LE MONDE
Directeur Marketing Groupe
FRANÇOISE LEVY LA POSTE
Directrice de Marché Banque Assurance
ELODIE PIQUET EMAP FRANCE
Direction de la Diffusion Pleine Vie
NATHALIE ROUVET LA POSTE
Directrice du Développement
ARNAUD SAINT GUILHEM LA POSTE
Directeur de marché Grande Consommation Grand Distribution
Services
SIMONE SAMPIERI LA POSTE
Directrice de marché Presse
|
 |
 |
Partager
ces informations
En
savoir plus sur l'offre Entreprises du Groupe La Poste |
| |
|