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Spécial Collectivités : comment favoriser les comportements éco-responsables ?

16 avril 2013

Inciter un automobiliste à laisser sa voiture au garage au profit du bus ou du vélo. Développer le tri et le recyclage des déchets, et même réduire le volume des poubelles… Il n’est pas facile de faire évoluer les comportements pour des pratiques plus respectueuses de l’environnement. Sélection d’initiatives originales menées par des collectivités territoriales.

Arcachon offre 3 000 vélos à ses habitants

Comment favoriser la pratique du vélo ? La ville d’Arcachon, 12 000 habitants, s’est renseignée sur la mise en place d’un système de vélos en libre-service, de type Vélib’. Coût : 800 000 €, plus des frais de fonctionnement annuels. D’où le constat qui s’est imposé : il revient moins cher d’offrir des vélos neufs ! C’est ce qu’a décidé la municipalité. Commandés à une entreprise française, ils valent 137 euros l’unité et la ville entrevoit d’en distribuer jusqu’à 3 000 (soit un coût d’un peu plus de 400 000 €).

- Pour bénéficier d’un vélo, il faut en faire la demande en fournissant une photocopie de la taxe d’habitation (montrant qu’Arcachon est bien le lieu de la résidence principale), ainsi qu’un certificat médical d’aptitude à faire du vélo. Il faut aussi signer une charte de bonne conduite, où les habitants s’engagent notamment à ne pas revendre le vélo. Dès le lancement de cette initiative, en début d’année, 1 600 demandes sont parvenues à la mairie.

- L’opération s’inscrit dans une politique globale de la municipalité visant à promouvoir les « mobilités douces », avec entre autres un bus électrique qui sillonne les rues d’Arcachon.

- L’initiative d’Arcachon racontée au JT de 13 heures de TF1 :

Plus d’infos :
- Urbanews.fr

À Aubagne, après le bus gratuit, bientôt un tramway gratuit

Pour inciter les habitants à laisser leurs voitures au garage, une vingtaine de collectivités ont instauré la gratuité des transports en commun. Comme Aubagne et sa communauté d’agglomération (Bouches-du-Rhône), Colomiers (près de Toulouse), Compiègne (Oise), Vitré (Ille-et-Vilaine), Châteauroux et Issoudun (Indre), etc.

L’objectif est double : environnemental, pour diminuer le trafic automobile, et social, pour réduire le budget transport des familles. À Aubagne, comme à Châteauroux, le nombre de voyageurs a doublé depuis l’instauration de la gratuité.

- La démarche a le vent en poupe. Le principe de la gratuité vient même de séduire une capitale européenne : Tallinn, en Estonie, qui offre depuis le début de l’année à ses 420 000 citoyens la gratuité sur l’ensemble des lignes de bus et de tramway.

- Cette mesure fait toutefois débat. Les opposants estiment notamment que la gratuité accordée à tous les voyageurs fait perdre conscience du coût des transports. De nombreux experts soulignent aussi que le prix n’est pas un argument déterminant pour renoncer à prendre sa voiture. Car la voiture est déjà plus chère que les transports en commun. Les attentes se porteraient en fait d’abord sur l’amélioration des performances des transports publics, leur fréquence, leur régularité, etc.

- Ce sera d’ailleurs la prochaine étape pour Aubagne : la collectivité devrait inaugurer l’an prochain un tout nouveau service de tramway. Qui sera aussi naturellement gratuit.

Plus d’infos :
- Spirale Alternatives

À Chalon, « joue-la comme JBAM, prend le bus »

Faire évoluer les comportements et faire préférer le bus passe aussi par la communication. Chalon-sur-Saône a fait appel à JBAM. C’est le surnom du joueur phare de l’équipe de basket, Jean-Baptiste Adolphe Michel. Avec d’autres membres du club, il est le héros d’une vidéo intitulée « Joue-la comme JBAM, prend le bus » et visant à promouvoir les transports en commun.

- Dans ce film plein d’humour et d’autodérision, projeté dans les cinémas de la ville, plusieurs joueurs sont attendus à l’entraînement par le coach. Seul JBAM, qui a choisi de s’y rendre en bus, arrivera à l’heure.

- Mise en ligne sur YouTube fin février, la vidéo a passé le cap des 10 000 vues en un mois.

- La vidéo :

Plus d’infos :
- Cap Com

Angers invite les étudiants au « Kamasutri »

L’agglomération d’Angers a instauré le tri sélectif des déchets en 2011, sensibilisant les habitants à la démarche et leur donnant les consignes pour bien recycler. Mais la ville compte un public bien spécifique : les étudiants. Ils sont 33 000 et représentent 12 % des habitants. Un public qui se renouvelle en partie chaque année, et qui est peu sensible aux messages austères ou moralisateurs.

- Pour toucher cette population particulière, la métropole a lancé une campagne décalée, détournant les figures du Kamasutra pour mettre en scène des gestes liés au tri des déchets. Cela donne un dispositif baptisé Kamasutri, avec des slogans comme « On trie un coup ? » ou « Oh, oui, fais-moi trier ! ».

- La campagne se décline sur le web, en posters, en badges… Des animations ont aussi été organisées dans les restaurants universitaires. Et au final, un buzz réussi pour cette campagne remarquée et reprise par de nombreux médias.

Plus d’infos :
- Le Figaro Etudiant

La nouvelle redevance incitative pour la collecte des déchets : une mesure à bien expliquer

Pour inciter à réduire les déchets, le Grenelle de l’environnement a prévu une mesure forte : d’ici à 2015, la taxe sur la collecte des déchets devra intégrer une part incitative. Le principe est de mettre en place une tarification qui varie en fonction du volume de déchets, selon le principe « plus on jette, plus on paie ». De nombreuses collectivités l’ont déjà mise en place, et on rentre dans la dernière ligne droite pour les autres.

- Jusqu’à présent, la Taxe d’Enlèvement des Ordures Ménagères dépendait de la taxe foncière. La nouvelle redevance incitative qui se met en place propose un autre mode de calcul : le tarif varie, entre autres, en fonction du nombre de ramassages du bac à ordures par le camion des poubelles. La nouvelle tarification peut sembler assez complexe à comprendre au premier abord. Et surtout, elle se traduit d’emblée par une augmentation de la taxe pour ceux qui ne réduisent pas de suite leurs déchets. Autrement dit, ceux qui ne changent pas immédiatement de comportement paient plus cher. Une mesure qu’il convient donc d’accompagner.

- Pour François Hervieux, vice-président de la communauté de communes du Pays de Questembert (Morbihan), en charge des déchets, il faut un effort important de communication en direction des habitants pour réussir la mise en place de la redevance incitative. Interrogé par le site MairieConseils de la Caisse des Dépôts, il explique : « L’usager doit bien comprendre les raisons des efforts qu’on lui demande. Ce qui suppose qu’il sache comment fonctionne la grille tarifaire et qu’il ait une idée claire et complète de l’organisation du tri et de la collecte des déchets. »

- Au Pays de Questembert, cela a nécessité un important travail de pédagogie, à travers des réunions publiques et aussi des documents dédiés, comme un numéro spécial de la Lettre de la communauté. Un accompagnement volontariste qui a permis de dépasser l’objectif de réduction des déchets. La collectivité attendait – 30 %, or c’est une baisse de 38 % qui a été réalisé dans les 5 mois du lancement.

- En illustration ci-dessous : la couverture du guide édité sur ce sujet par le Grand Besançon

Plus d’infos :
- Ademe

Certaines collectivités choisissent d’offrir des poules !

Comment aider les habitants d’une commune à réduire leurs déchets, et faire baisser la redevance incitative sur la collecte ? La mairie de Pincé, un village de 197 habitants dans la Sarthe, a proposé d’offrir deux poules aux familles volontaires (31 ont accepté, sur les 87 que compte la commune). Une poule peut en effet avaler 150 kg de déchets organiques par an (épluchures, restes de repas, etc.) et pondre 200 œufs. Les familles ont signé un « contrat d’adoption », où elles s’engagent à bien traiter leurs poules et à ne pas les manger avant au moins deux ans !

- Une initiative isolée, anecdotique, réservée à de petits villages ? Pas si sûr. La ville belge de Mouscron, 52 000 habitants, à 22 km de Lille, mène avec succès une expérience similaire depuis 3 ans. Et d’autres collectivités françaises ont franchi le pas, offrant des poules à leurs administrés, comme la communauté de communes de Podensac, en Gironde, en février dernier.

- Reportage de France 3 sur l’initiative de Podensac :

Plus d’infos :
- Mes courses pour la planète

Les entreprises et collectivités adoptent aussi des comportements responsables

La question du recyclage ne concerne pas que les particuliers. Pour les TPE/PME et les collectivités locales, La Poste vient de lancer Recy’Go, une activité de collecte des papiers de bureaux. Avec un principe simple : le facteur venu collecter ou distribuer le courrier repart avec les papiers à recycler. La démarche est simple, facile à mettre en œuvre et devrait contribuer à favoriser le recyclage. 80 % du papier de bureaux n’est pas recyclé aujourd’hui…

- Pour développer cette nouvelle activité, La Poste a choisi d’investir dans une entreprise d’insertion conventionnée par l’Etat et Pôle Emploi, spécialisée dans le recyclage de papiers de bureau, Nouvelle Attitude.

- Un coût moins élevé que d’autres solutions, la confidentialité des documents, un fournisseur déjà connu, des passages fréquents… Voici quelques-unes des raisons qui ont incité Valérie Bernigaud, responsable système d’information et moyens généraux à la CCI de Région Haute-Normandie, à choisir Recy’Go. Son interview est à retrouver dans son intégralité sur le site Posteo.fr

- Présentation en détail de Recy’go en vidéo :

Plus d’infos :
- Recy’go