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L’entreprise face aux enjeux de la Responsabilité Sociale et Economique, impacts et opportunités. La question de l’interne

14 janvier 2010
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Questions / Réponses

« Le développement durable est dans les gènes de l’entreprise … »

Bernard Emsellem , Directeur Général Délégué au Développement Durable et à la Communication de la SNCF :

Je pense qu’il y a une situation très difficile pour les entreprises dont l’activité est compatible voire positive avec le DD. On ne peut pour autant s’en satisfaire, s’arrêter là, penser que l’on est formidable et ne pas examiner par exemple les questions sur les conditions de l’exploitation et de l’entretien de ce mode de transport. Il y a un vrai défi à dire « nous avons un produit intéressant, voire très intéressant, comment peut-on améliorer encore les choses ? 2ème défi, à l’interne, comment pouvons nous améliorer encore et rendre notre fonctionnement aussi bon que notre outil ?

Catherine Thomas-Etienne :

A l’interne, nous avons une double réflexion : la 1ère sur les process de production, comment utiliser moins de matériaux, gérer les déchets etc, la 2ème via notre filiale de gestion de patrimoine qui s’occupe de tout notre patrimoine immobilier et conduit une démarche pour que tous nos bâtiments deviennent « énergie positive » : nous nous appliquons cette démarche RSE que nous prenons auprès de nos clients. Car la pédagogie se joue à l’interne, mais aussi à l’externe, cette pédagogie du « consommer en fonction de son besoin réel » ; qui plus est, elle ne doit pas se faire que dans le BtoC mais également dans le BtoB

« RSE et fonctionnement interne »

Patrick Widloecher :

Faire du DD, c’est se mettre dans une situation de progrès. Quelle que soit la nature de l’activité de l’entreprise, et même si je suis une entreprise extrêmement polluante. L’essentiel, c’est dans quel sens j’essaie d’aller, le mouvement, le progrès. Au cœur du DD, il y a la notion de respect, respect de l’environnement, des règles de gouvernance, des clients, des territoires sur lesquels on développe ses activités, et respect du personnel. Quand vous faites tout cela, vous êtes dans une logique de RSE. On est dans du comportemental et de la culture, la technologie n’ est qu’un moyen.

Bernard Emsellem :

A la SNCF, nous nous interrogions sur le fonctionnement interne. C’est formidable d’être DD compatible mais comment faire encore mieux, développer de grands programmes d’amélioration, du type « qu’est ce que l’on fait des traverses ». Mais nous nous disions en même temps tout cela ce sont des questions d’ingénieurs, de marketeurs, de gens « d’en haut ». Que fait-on en bas, chacun dans son lieu, avec ses responsabilités ? Nous avons donc lancé comme beaucoup d’autres entreprises des opérations Eco-Gestes Métiers, et notamment une opération Eco-Gestes Métiers qui consistait à prendre 60 chefs d’équipes volontaires pour travailler sur les Eco-Gestes Métiers de leur équipe, sur les trois dimensions : une proposition sur l’aspect économique, une sur le sociétal, une sur l’écologique, et si possible la même qui fait tout !

On a vu arriver des choses intéressantes, mais tout d’abord 20 personnes sur ces 60 qui ont renoncé, en disant « je ne sais pas m’y prendre, je ne sais pas comment leur expliquer ça, je ne sais pas faire. C’était une bonne idée mais je ne sais pas m’y prendre ». Donc la question de comment on les accompagne. Après, il y a eu des choses anecdotiques, d’autres intéressantes, mais pourquoi est ce que finalement ça n’a pas si bien marché que nous le souhaitions ? Parce que l’on a voulu le faire avec une ONG pour nous aider à être « exigent ». Dans chaque équipe, il y avait un représentant de l’ONG qui disait « là c’est intéressant, là non, et ça a été une « catastrophe ferroviaire » car évidemment on ne parlait pas la même langue on n’habitait pas au même endroit on ne comprenait rien les uns aux autres ! Quels processus mettre en place sur le terrain pour éviter ce genre d’échec, éviter l’obstacle du langage, de la difficulté à expliquer …

Nathalie Rouvet :

Et la DRH dans tout ça, les DRH s’emparent ils de la question de la RSE, sont-ils en pointe ou encore peu concernés par tout cela ? Qu’en est-il en matière de critères de recrutement, d’évaluation de la performance, d’évolution de carrière par exemple ? »

Patrick Widloecher :

L’irruption de la RSE a créé un émoi au sein des DRH car elles ont cru dans un premier temps à la relance d’une bataille de territoires. Les DRH ne se sont pas systématiquement emparées des problèmes de RSE, notamment de l’aspect social à travers la diversité, le handicap … Par exemple à La Poste il y a une structure sur ces sujets indépendante de la DRH. Celle-ci , du coup, se retrouve un peu plus spectatrice qu’actrice engagée sur ces sujets, et je pense que c’est le cas dans de nombreuses entreprises. Puis, les structures professionnelles RH ont commencé à s’y intéresser, à organiser des colloques sur ces thèmes. Dans l’immédiat, je pense que l’on n’a pas encore trouvé le bon modus vivendi entre les RH et le DD.

Bernard Emsellem :

A la SNCF, la DRH est très impliquée depuis longtemps, dans le recrutement, le suivi de carrière des minorités au sens large, et même certains sujets sociétaux, c’est manifeste. Il y a un vrai travail de la DRH. On est dans une phase de collaboration, par exemple en matière de recrutement dans les quartiers sensibles, recrutement sur place, avec des opérations financées moitié DRH moitié Dircom.

Catherine Thomas Etienne :

La DRH très impliquée sur les aspects diversité, handicap et recrutement. Et notre siège social, qui se trouve dans le 93, pratique une politique très locale d’embauche et d’offres de stages.

« Et les partenaires sociaux ? »

Patrick Widloecher :

Aujourd’hui les syndicats sont actifs en la matière, au niveau des confédérations, et ils intègrent les structures associatives DD. Les syndicats vont bientôt reprendre cela à leur compte et en faire un élement de dialogue social, de négociation voire de revendication. Prendre les entreprises au mot et leur dire : chiche !


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