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Des dizaines de produits estampillés « agriculture biologique » (AB) font leur apparition dans les hard-discounters à des prix défiant toute concurrence. Une révolution dans un secteur où il était plutôt courant jusqu’alors de payer 10 % à 20 % plus cher pour des produits certifiés bio. « Le consommateur bio a changé, et on constate aujourd’hui une vraie tendance de marché vers une démocratisation du bio », explique Fabienne Alabret, directrice marketing des marques propres d’Intermarché.
D’après le baromètre CSA - Agence Bio 2008, 85 % des Français connaissent la marque AB et 84 % des consommateurs l’utilisent comme repère lors de l’achat de produits biologiques. Selon l’Agence Bio, qui organise le marché du biologique en France, 42 % des Français consomment des produits bio pour se faire du bien et pour protéger l’environnement. Dans leur choix, ils privilégient les produits de saison (à 91 %) et la production locale (à 80 %).
Si le secteur est en croissance, et résiste à la crise, le marché français des produits bio ne représente encore que 1,1 % des ventes alimentaires, contre 3,3 % en Allemagne, selon les données 2007 du ministère de l’écologie. « C’est un marché en forte croissance (9,5% depuis 1999, contre 2,3 % pour le marché de l’alimentaire), dopé par une offre plus étoffée, en particulier grâce aux marques de distributeurs, moins chères que les grandes marques », indique-t-on au ministère.
70 % des consommateurs bio font leurs achats en grande surface, 47 % sur les marchés, 31 % dans les magasins spécialisés, 19 % auprès d’artisans commerçants, et 22 % à la ferme, toujours selon l’Agence bio. Les grandes surfaces proposent des gammes de plus en plus larges de marques de distributeurs bio, avec en moyenne 200 références par magasin. Monoprix Bio a démarré en 1993, Carrefour a lancé du pain bio en 1991 et sa gamme en 1997. Leclerc, Auchan, Cora… Tout le monde s’y est mis.
Le 1er janvier, dans un but d’harmonisation des normes nationales, une nouvelle réglementation européenne est entrée en vigueur. Elle s’applique à tous les produits bio vendus en France et dans les 27 pays de l’Union européenne. Une harmonisation qui rime avec uniformisation vers le bas pour le consommateur français car le nouveau cahier des charges est moins contraignant.
Une perte d’exigences qui fait grincer des dents chez de nombreux agriculteurs et éleveurs bio qui craignent que leurs produits soient dévalués. « Les obligations qui étaient liées à la marque « AB » ne sont plus toutes prises en compte », déplore Henri Thepaut, président de la Fédération nationale d’agriculture biologique (FNAB). Pour affronter une nouvelle concurrence, notamment de l’étranger, les producteurs bio envisagent la création d’une marque privée, plus stricte, comme cela existe déjà en Allemagne, en Suisse et en Grande-Bretagne. « On ne va pas changer nos pratiques », assure M. Thepaut.
Source : Le Monde, février 2009
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