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La simplicité et la clarté comme levier de la relation client

14 novembre 2008

L’interview de Marie-Jeanne Husset, Directrice de la Rédaction de 60 millions de consommateurs


Les consommateurs disposent-ils d’une information claire en matière alimentaire ? Malgré les nombreux labels et messages de santé publique, c’est plutôt la confusion qui l’emporte, jusqu’à créer de l’anxiété, estime Marie-Jeanne Husset, Directrice de la Rédaction de 60 millions de consommateurs.

Où en est-on en France en matière d’information sur la consommation alimentaire ?

Après des années de bataille et d’exigence des associations de consommateurs, une réglementation assez précise existe désormais concernant les informations obligatoires sur l’emballage : date limite de consommation, liste des ingrédients, des allergènes, etc. Sans oublier les prix au litre ou au kilo qui doivent figurer dans les rayons des magasins. C’est un élément essentiel pour pouvoir comparer les produits entre eux. Et pourtant, cette information n’est pas obligatoire dans de nombreux pays, comme aux Etats-Unis.
Au-delà de la réglementation, les consommateurs disposent pour s’informer de signes de qualités, du moins quand ils sont vrais. Car il en existe aussi des faux. Les vrais signes, ce sont les signes officiels, reconnus par les pouvoirs publics : le Label Rouge, le label Agriculture Biologique, l’AOC… Ces vrais signes de qualité se caractérisent notamment par un cahier des charges très précis dont l’application est contrôlée par un organisme indépendant.

Et quels sont les mauvais signes ?

C’est la multitude de signes inventés par les industriels et le marketing, qui n’offrent pas de garantie spécifique. Ces allégations prolifèrent en fonction de la sensibilité des consommateurs. À la fin des années 1990, en réponse à la crise de la vache folle, les industriels ont développé des messages rassurants sur la sécurité sanitaire. Aujourd’hui, face entre autres à la montée de l’obésité et à la peur des cancers et des maladies cardio-vasculaires, les préoccupations santé chez les consommateurs l’emportent sur les préoccupations sanitaires. Les allégations des industriels se tournent donc vers la santé. Une réglementation européenne qui s’appuie sur l’interdiction pour un aliment de revendiquer une action thérapeutique va faire le ménage dans les allégations santé en tous genres.

Pensez-vous que la clarté des informations aux consommateurs ait tendance à s’améliorer ?

Elle s’améliore, mais beaucoup reste à faire. La prolifération des allégations santé, notamment, brouille les cartes. Prenons l’exemple des produits allégés. Il existe des règles précises pour avoir le droit d’utiliser le terme « allégé » en sucre ou en matière grasse. Mais les industriels ont recours à des synonymes qui ne sont, eux, pas réglementés.
Au final, ces messages sans réel fondement ont un effet pervers : ils créent non seulement de la confusion, mais aussi de l’angoisse chez le consommateur. Choisir ce que l’on mange devient un facteur d’anxiété. On s’inquiète de faire les mauvais choix pour sa santé, bien au-delà de ce que l’on peut attendre d’un seul produit alimentaire. Il n’y a pas de prise de conscience collective chez les industriels de cette dérive. Seule la réglementation peut faire évoluer la situation. On l’a encore vu dans notre dernière enquête INC-60 millions de consommateurs sur la teneur en sel des produits alimentaires. L’étiquetage de la teneur en sel n’est pas obligatoire, et les industriels sont simplement tenus à une recommandation de limiter l’apport en sel. Résultat : sans obligation, la plupart des produits restent trop salés…


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