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INPES - Communication et santé : quels enjeux, quelles approches, quels résultats ?

9 mars 2009

L’interview de Gérard Bouquet, vice-président des relations politiques et institutionnelles chez Pfizer

M. Gérard Bouquet

Vous qui intervenez directement dans le domaine de la santé, quel est le point essentiel que vous avez retenu de l’intervention de Nicole Civatte ?

D’abord, je tiens à souligner que j’ai apprécié la richesse et l’accessibilité de cette présentation, ce qui n’est pas toujours évident dans ce domaine… Le point qui me paraît essentiel dans cette présentation c’est justement la question des limites de la communication en matière de santé ! Je suis convaincu que la communication peut accompagner le changement, le faciliter d’une certaine mesure, mais elle ne peut le provoquer à elle seule. Il faut aussi agir sur l’environnement au sens large. Prenez l’augmentation du prix du tabac ou l’interdiction de fumer dans les entreprises… De telles mesures peuvent provoquer des changements de comportements. Tout comme la mise en place de Vélib dans Paris facilite la pratique de 30 minutes d’exercice par jour, même si cela n’était pas le but recherché par Bertrand Delanoë !

En tant que laboratoire pharmaceutique leader sur son marché, quelle stratégie de communication avez-vous adoptée ?

Comme toutes les entreprises du médicament, nous avons interdiction de communiquer auprès du grand public sur nos produits de prescription. Dès lors, nous communiquons sur la pathologie et menons nous aussi des campagnes de prévention, par exemple sur les risques de maladies cardio-vasculaires, en incitant les personnes à consulter leur médecin. Même chose sur le tabac, avec récemment une campagne presse et radio sur le thème « Libérez-vous du fumeur qui est en vous ».

« Libérez-vous du fumeur qui est en vous », c’est aussi un discours qui permet de ne pas stigmatiser la personne qui fume ?

Oui, tout à fait. C’est même le point essentiel de toutes nos campagnes ! Pour qu’il y ait adhésion et audience, il faut qu’il y ait une appropriation très forte du message. Et s’il y a culpabilisation, il y a donc un rejet automatique et donc pas d’appropriation du message. D’où les différents pré-tests que nous réalisons auprès de plusieurs cibles : les patients concernés, les non-concernés mais aussi les pharmaciens, les médecins…

Vous êtes un groupe international. Vos campagnes le sont-elles aussi ?

Oui, certaines campagnes sont souvent élaborées au niveau européen, mais cela peut poser problème, tant le sentiment de culpabilisation varie d’un pays à l’autre. Les Anglo-saxons sont partisans de campagnes choc, comme sur l’alcool, où ils n’hésitent pas à montrer une jeune femme qui vomit et déchire ses vêtements après une prise d’alcool excessive et rapide. Ce genre de campagne ne fonctionne pas vraiment en France. Tout comme l’idée de mettre des photos d’organes nécrosés sur les paquets de cigarettes…


Prochain atelier sur le site

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