Vidéo La Poste XIIe rencontre des présidents des CDPPT Mardi 18 octobre 2011 Introduction Jean-Paul BAILLY, Président-directeur général du Groupe LA POSTE Je suis très heureux de vous accueillir tous à cette réunion qui est désormais une réunion traditionnelle et à laquelle je sais que vous, présidents des commissions départementales de présence postale, venez avec plaisir pour des moments d’information, d’échange, de convivialité et de critique constructive. Comme chaque année, cette rencontre est un moment fort de notre entreprise, elle est l’occasion de faire un bilan de notre collaboration au cours des mois passés, elle nous permet aussi de tracer les perspectives d’un travail en commun qui se prolonge dans chacun de vos départements. Je m’adresse à tous les membres de vos commissions, qui ne sont pas là aujourd'hui, mais qui consacrent parfois beaucoup de temps pour accompagner les évolutions de notre Groupe et lui permettre ainsi de mieux remplir ses missions de service public. J’ai une pensée particulière pour ceux que j’ai rencontrés sur le territoire tout au long de l’année. Je salue notamment ceux qui participent pour la première fois à ce rendez-vous. À ce double titre, je suis heureux d’accueillir parmi nous la présidente de la CDPPT de Mayotte, dont j’ai assisté à la désignation sur place, dans cette belle île et ce nouveau département français où La Poste exerce désormais ses activités dans un cadre juridique à celui de la France métropolitaine et ultramarine. Lors de tous mes déplacements, je mesure la diversité de nos territoires, mais aussi le même engagement autour de nos missions d’intérêt général, l’engagement de tous et au premier chef des postières et des postiers qui ont compris la nécessaire mutation de notre entreprise. Ils restent attachés à ses valeurs, qui garantissent la confiance que les Français lui accordent et qui constituent le socle de son développement futur. Je tiens une nouvelle fois à les remercier publiquement. Mes remerciements vont aussi aux membres de l’Observatoire postal, à son président Pierre Hérisson, à son vice-président Jean Launay, à tous ceux que je vois dans la salle, Françoise Descamps-Crosnier, Jean-Claude Frécon, Vanik Berberian, Xavier Cadoret, Jean-Yves Bougot, et d’autres qui doivent nous rejoindre, comme Thierry Carcenac ou Jean Proriol, le rapporteur à l’Assemblée nationale de la loi sur les activités postales. Je me réjouis de pouvoir continuer à compter sur l’implication dans les travaux de l’Observatoire de Paul Durieu et de Georges Labazée, qui sont devenus l’un député, l’autre sénateur. Je dois vous dire que j’accorde une attention toute particulière aux recommandations faites par l’Observatoire. J’apprécie également la contribution apportée en son sein par les services de l’État et de l’AMF. Sans ce lieu d’analyses, d’échanges et de propositions, le contrat de présence postale territoriale n’aurait pas pu voir le jour. Je remercie tous ceux qui ont participé à ces réflexions dans cette instance, tant il est vrai que ces échanges ont été décisifs pour cheminer ensemble et finalement trouver les bonnes réponses. Cet Observatoire nous a permis aussi de créer une dynamique nouvelle, notamment grâce à l’augmentation des ressources qui lui sont affectées et qui atteignent maintenant 170 millions d’euros. Jacques Pelissard, qui a signé cet accord à mes côtés avec les trois ministres concernés, sera avec nous en milieu de journée et vous fera part sans doute de son appréciation. La signature de ce contrat n’est pas le seul événement marquant qui s’est produit depuis notre dernière rencontre. La Caisse des dépôts et consignations a rejoint l’État en participant à l’augmentation de capital de notre Groupe. Ce changement majeur dans la gouvernance de notre entreprise se passe bien et nous donne les moyens d’envisager notre avenir avec plus de sérénité. Je connais les réserves que certains d’entre vous ont pu avoir sur cette évolution de statut et cette augmentation de capital. Mais après presque deux ans d’expérience, je peux vous dire combien cela nous donne plus de ressources et de marges de manœuvre pour saisir les opportunités. Ainsi, la Banque postale a déjà pu bénéficier d’un renforcement de ses fonds propres à hauteur de 868 millions. Il ne s’agit pas d’un renforcement défensif, mais au contraire cela soutient l’élargissement de son offre de banque de détail : les prêts à la consommation, les assurances, les prêts aux personnes morales depuis quelques jours, et bientôt les financements des collectivités territoriales et du secteur public local. Nous vivons cette demande de l’État à la fois comme une réelle opportunité et comme une vraie fierté d’avoir été choisis par l’État et d’une certaine manière par vous-mêmes. Jusqu’à présent, nous n’étions pas engagés dans cette voie simplement pour des raisons de charge de travail et de calendrier. En effet, la Banque postale est une banque jeune, qui avait à développer les crédits immobiliers, les crédits à la consommation, les crédits aux personnes morales, l’assurance en cas de dommage. Nous avons voulu construire notre banque patiemment, pierre après pierre. Cette demande de l’État apparaît donc comme quelque chose de naturel, un peu comme une accélération de l’histoire. Nous sommes heureux et enthousiastes à l’idée de devenir vos partenaires dans le financement des collectivités territoriales et, par ce biais-là, de donner une dimension nouvelle à nos relations. Philippe Wahl répondra à vos interrogations sur ce sujet cet après-midi. Pour que vous soyez tout de suite rassurés, je tiens à vous dire qu’il n’est aucunement question d’endosser les responsabilités d’un passé dont vous connaissez les errements, ni d’employer les dépôts de nos clients particuliers pour alimenter ce financement. En revanche, la Banque postale se doit de proposer un nouveau modèle, avec une gamme de crédits simple, une tarification transparente, un véritable adossement en liquidité et une rentabilité satisfaisante. Elle engagera à cet effet, dans les semaines prochaines, une démarche d’écoute et d’explication auprès des responsables des collectivités publiques. Pour conduire cet important projet, elle conclura un partenariat avec la Caisse des dépôts sous la forme d’une filiale commune, dont la Banque postale détiendra la majorité. Ce développement en partenariat est la marque de nos diversifications récentes de nos activités ; c’est vrai pour la Banque, c’est vrai aussi pour l’Enseigne. Il en est ainsi de la téléphonie mobile avec SFR. Les résultats sont très supérieurs à nos prévisions ; Jacques Rapoport vous en dira un mot dans un moment. Il s’agit là de répondre aux attentes de nos clientèles, mais aussi de participer à la couverture des charges fixes de nos bureaux de poste. Nous le constatons déjà en ville, mais aussi dans le réseau rural. L’objectif pour 2012 est de commercialiser cette offre dans les 10 000 bureaux et peut-être dans les relais postes. La diversification de nos offres et sa réussite n’auraient pas été possibles sans le formidable effort de modernisation illustré par le concept Espace Service Client et sans la rénovation de près d’un millier de bureaux de poste chaque année. Je souligne à cet égard la compréhension des collectivités, notamment pour les travaux, et l’engagement de toutes nos équipes, en particulier de Poste Immo. Pour la première fois, son président, Marc-André Feffer, et son vice-président, Christian Cléret, seront devant vous aujourd'hui, prolongeant ainsi la démarche de rapprochement engagée dans bon nombre de CDPPT et avec l’Observatoire. Les progrès sont indéniables en particulier dans la mise en œuvre du contrat tripartite, qui a permis en trois ans de consacrer 67 millions d’euros à l’amélioration de l’accueil dans les bureaux de poste ruraux. Cet effort se poursuit grâce au nouveau contrat, en l’élargissant aux zones urbaines sensibles et aux départements d’outre-mer. Il accompagne une démarche aujourd'hui pacifiée de création d’agences postales et de relais postes, dont le financement amélioré est garanti dans la durée. Il reste quelques tensions liées à l’adaptation des amplitudes horaires d’ouverture des bureaux. L’application de la loi dans ce domaine s’accompagne de dispositions très précises prévues dans le contrat tripartite. Nous les mettons en œuvre avec le souci d’en respecter la lettre et l’esprit. Si vous estimez que des procédures ne sont pas conformes au contrat, n’hésitez pas à nous le faire savoir. Pour ma part, je reste ouvert à l’idée d’une garantie globale d’heures d’ouverture des bureaux de poste en zone rurale, déclinée par département. On pourrait mettre en face du montant résiduel affecté au financement de la présence territoriale le volume d’heures global d’ouverture des bureaux de poste dans le département, et on pourrait partager ensemble l’évolution et l’affectation de cette enveloppe-là. Je crois que les uns et les autres peuvent faire preuve d’innovation dans la mutualisation de l’accès au service à la population. Il existe des solutions avec les offices du tourisme, avec des bibliothèques, avec des syndicats d’eau, avec des musées, etc. Je fonde également de vrais espoirs sur certaines de nos expérimentations et notamment sur celle que nous développons pour mutualiser en interne les fonctions de facteur et de guichetier dans les territoires à faible densité de population. Dans quelques lieux d’expérimentation, le facteur consacre une partie des heures de sa tournée au fonctionnement d’un bureau de poste qui se trouve dans son secteur. Nous cherchons à maintenir partout le lien social que représente le facteur, alors que le courrier doit faire face à une mutation de son activité traditionnelle, liée à l’avènement de la société numérique et à la dématérialisation. La baisse des volumes est malheureusement conforme à nos prévisions. Notre responsabilité est d’anticiper et de nous adapter pour conforter notre performance économique, notre modèle social et l’exécution du service universel postal. Ces objectifs ont conduit la direction du Courrier à proposer entre autres une nouvelle gamme de courrier rapide, que Marie Llobères vous présentera cet après-midi. Cette initiative constitue également une réponse à notre préoccupation environnementale, par la « lettre verte », par la logistique inverse, par la compensation carbone, par les 10 000 véhicules électriques que nous allons déployer, tout cela participant à la démarche globale pour le développement responsable. Cette initiative vise à s’inscrire dans des projets de logistique urbaine que conçoivent certaines agglomérations. Elle est coordonnée avec Colis Poste et GeoPost au rendez-vous du commerce électrique. Le développement de l’économie numérique constitue un vrai relais de croissance pour notre Groupe, ce qui implique des investissements opportuns sur le territoire national et des initiatives judicieuses de croissance externe en Europe. La Poste se porte le mieux possible dans un environnement difficile, dans un contexte économique et financier tourmenté. Elle se porte bien grâce à son modèle, celui d’un groupe aux métiers et aux canaux multiples ; grâce à ses capacités d’innovation et de développement ; grâce à son modèle social protecteur ; grâce enfin au renforcement de son actionnariat, qui lui donne les moyens de son développement et de la bonne exécution de ses missions de service public. Pour 2011, les objectifs de résultat stabilisé devraient être atteints. Je vous souhaite une excellente journée de travail et de rencontres, et je souhaite qu’à la fin de cette journée la confiance entre nous ait encore grandi. Merci.